Burkina Faso : le gouvernement affirme avoir déjoué une tentative de déstabilisation impliquant l’ex-président Damiba

Burkina Faso : le gouvernement affirme avoir déjoué une tentative de déstabilisation impliquant l’ex-président Damiba© YouTube / RTB - Radiodiffusion Télévision du Burkina
Le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, annonçant à la télévision la mise en échec d'une tentative de déstabilisation du pays. [Capture d’écran]
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Le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a annoncé le 6 janvier la mise en échec d’un projet de déstabilisation prévu pour la nuit du 3 janvier. Selon les autorités, l’opération, impliquant des militaires et des civils, aurait été planifiée par l’ex-président Damiba, avec des financements provenant en partie de la Côte d’Ivoire.

Le Burkina Faso aurait échappé de justesse à une nouvelle tentative de déstabilisation. Dans une déclaration officielle diffusée par la télévision publique, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a révélé le 6 janvier l’existence d’un projet de putsch qui devait être exécuté le 3 janvier aux alentours de 23 heures. Selon lui, cette opération visait directement les plus hautes autorités civiles et militaires du pays, à commencer par le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré.

Rendant d’abord hommage aux forces de défense et de sécurité, aux volontaires pour la défense de la patrie et aux populations qu’il a qualifiées de « résilientes et patriotes », le ministre a salué le rôle déterminant des services de renseignement. « Grâce à leur professionnalisme, le Burkina Faso a déjoué pour la énième fois des tentatives de déstabilisation », a-t-il affirmé.

Un scénario de violence ciblée

Dans le détail, Mahamadou Sana a expliqué que le plan prévoyait « une série d’assassinats ciblés » de responsables civils et militaires. La neutralisation du président du Faso devait intervenir soit lors d’un déplacement à Boutortin, soit par une action visant son domicile. Après cette première phase, les auteurs du projet comptaient mettre hors service la base de drones avant une intervention terrestre de forces extérieures.

Pour des raisons de confidentialité et afin de ne pas compromettre les enquêtes en cours, le ministre a indiqué que l’identité de l’ensemble des personnes impliquées ne serait pas dévoilée à ce stade. Il a néanmoins désigné « l’acteur principal » de ce complot : l’ancien chef de l’État, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, renversé en 2022 et actuellement réfugié au Togo.

Selon les autorités, Paul-Henri Damiba aurait eu pour mission de concevoir et planifier les actions, de mobiliser les financements, mais aussi de recruter à la fois des civils et des militaires. Les militaires devaient constituer des groupes opérationnels, tandis que les civils étaient chargés de mobiliser des soutiens afin d’accompagner l’action militaire après son déclenchement.

Des financements venus de l’extérieur

Le ministre de la Sécurité a également insisté sur l’origine des fonds ayant servi à préparer cette tentative de déstabilisation. « Une bonne partie du financement provient de la Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré, précisant que la dernière opération financière identifiée s’élevait à 70 millions de francs CFA. Ces éléments, a-t-il assuré, feront l’objet d’un traitement judiciaire.

Les interpellations et le démantèlement des réseaux se poursuivent, a ajouté Mahamadou Sana, annonçant que des vidéos d’aveux issues des auditions de certains acteurs clés seront mises à la disposition des médias. Toutes les personnes impliquées seront, selon lui, présentées devant le procureur du Faso et poursuivies « avec toute la rigueur de la loi ».

Appel au calme et à la vigilance

S’adressant à la population, le ministre a tenu à rassurer : « La situation est sous contrôle. » Il a appelé les Burkinabè à rester sereins, tout en renforçant la vigilance citoyenne. Il a notamment mis en garde contre les risques d’instrumentalisation de civils « utilisés naïvement » pour des tâches logistiques ou la transmission de messages.

Enfin, Mahamadou Sana a lancé un appel à l’unité nationale et à la cohésion sociale, exhortant les populations à faire preuve de discernement dans leurs activités quotidiennes et à dénoncer tout comportement suspect. Un message qui s’inscrit dans un contexte sécuritaire tendu, où les autorités de transition affirment faire face à des menaces internes et externes persistantes contre la stabilité du pays.

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