La sorcellerie en Afrique : entre malédiction et interdiction

La sorcellerie en Afrique : entre malédiction et interdiction© Guenther Menn/Focus/COSMOS
Des rituels de sorcellerie avec des albinos sont pratiqués dans certains pays africains
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Le phénomène de la sorcellerie est encore bien présent en Afrique. Plusieurs pays tentent par divers moyens de lutter contre ce fléau.

Au Kenya, une personne âgée est assassinée chaque semaine sur la côte de Kilifi, au nom de la sorcellerie, a dénoncé dans un rapport intitulé "The Aged, on Edge" (Les personnes âgées, en danger), l'organisation kényane de défense des droits de l'homme Haki Yetu, a rapporté la BBC le 8 juillet dernier. «Ils utilisent le mot "sorcellerie" pour se justifier, car ils s'attirent la sympathie du public. Et les gens disent : "Si c'était un sorcier, c'est bien que vous l'ayez tué"», explique le média, avant de souligner que le motif de ces crimes est bien plus prosaïque : ces meurtres conduisent au vol de terres. 

L’Afrique et la sorcellerie est un thème qui traverse les âges mais demeure d’actualité. 

En Côte d'Ivoire, la population est persuadée qu'une communauté de sorciers, dans le village d'Akradio, décide des scores de l'équipe nationale, les Eléphants. Le 22 janvier dernier, après une défaite 4-0 contre la Guinée équatoriale, des supporters déçus sont descendus dans le bourg, prenant à partie les supposés sorciers et brûlant des huttes.

Plus loin, vers le Golfe de Guinée, on surnomme «Skolombo», les 20 000 enfants nigérians victimes de superstition. Au Calabar, sud-est du Nigeria, des milliers de familles ont rejeté leur progéniture par conviction qu’ils seraient «des sorciers au pouvoir destructeur», qui «briseraient des familles, ruineraient les finances, apporteraient la maladie et la mort.»

Les enfants sorciers sont «affamés, maltraités, exploités sexuellement et parfois même torturés», dénonçait un reportage inédit d’Arte datant de 2021 et rediffusé la semaine dernière. 

Accusés de sorcellerie, ces gamins subissent un vrai calvaire, survivant dans la misère, de petits larcins ou de ramassage de déchets. Si les garçons sont devenus les parias de la société nigériane, le sort des filles est pire encore. «Prostitution et viols sont leur lot quasi quotidien. »

De prétendus pouvoirs maléfiques 

Des prophètes autoproclamés sont à l’origine de cette superstition. Ils cherchent, selon le documentaire, à «manipuler les craintes de la population» pour «faire fortune» rapidement en proposant des séances d’«exorcisme tarifées.»

Plutôt récent, ce phénomène a pris beaucoup d’ampleur depuis une vingtaine d’années. Certains tâchent de protéger les «Skolombo». Un combat contre l’obscurantisme et l’ignorance de ces familles et des faux prophètes.

De l’autre côté du continent, un combat pour la même cause a lieu. En Libye, les autorités ont décidé de mettre terme à la pratique de la sorcellerie ou de la divination en adoptant une loi qui impose des peines sévères, par conviction religieuse.

La Libye légifère

Le Parlement libyen a ainsi adopté en janvier dernier une loi stricte proposée par les Autorités des Affaires Islamiques et des Waqfs de Tripoli et Benghazi, imposant des peines sévères pour ces pratiques. Selon l’agence libyenne Lana, dans cette législation ratifiée par le Parlement, la peine de mort peut être prononcée contre «un sorcier si son acte est considéré comme un acte de blasphème ou si son sortilège entraîne la mort d’une personne innocente.»

Le juge peut également imposer l’une des sanctions suivantes : la peine de mort, l’emprisonnement à perpétuité ou un emprisonnement d’au moins quinze ans accompagné d’une amende de cent mille dinars (19 000 euros).

Cette législation s’inscrit dans le cadre du respect des préceptes de l’Imam Malik, l’un des quatre grands imams de l’Islam sunnite.

«En finir avec les meurtres d'albinos» en Tanzanie

Autre action sur le continent : «en finir avec les meurtres d'albinos» était le slogan d’une campagne de sensibilisation organisée en 2015 en Tanzanie pour sensibiliser la population, recueillir des informations pour éviter les kidnappings ou les meurtres, et enquêter sur des violences à l’encontre des personnes albinos. Ces dernières étaient, et sont encore, victimes de croyances attribuant des vertus magiques à leurs organes.

Cette campagne de communication s’inscrivait parallèlement avec la décision du gouvernement tanzanien d’interdire la pratique de la sorcellerie pour endiguer les attaques contre les albinos. 

L’interdiction de la sorcellerie en Tanzanie intervenait après l’enlèvement, en décembre 2015, d’une fillette albinos de quatre ans qui avait été portée disparue depuis.

Cité par Jeune Afrique, le porte-parole du ministère de l’Intérieur tanzanien, Isaac Nantanga, avait affirmé : «ces prétendus sorciers ont une part de responsabilité dans les agressions contre les albinos».

Mais les Albinos sont encore victimes de ces croyances en Afrique australe. En 2022 au Mozambique, un père ayant voulu vendre ses trois enfants albinos au Malawi voisin pour 38 000 euros était arrêté par la police. 

 

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