ONU : Moscou fustige l'utilisation par Kiev de la tactique du «bouclier humain» après les dégâts causés au bâtiment de l'UE

Dmitri Poliansky a afirmé que des dégâts survenus après les frappes russes dans la nuit du 27 au 28 août étaient la conséquence directe de l'utilisation par Kiev de la tactique du «bouclier humain», en positionnant des infrastructures militaires dans des zones résidentielles. Il a aussi dénoncé la complicité de l'Occident qui ignore cette pratique.
Les dégâts causés aux bâtiments des représentations du Royaume-Uni et de l'UE, ainsi que la mort de civils, lors de l'attaque russe contre les infrastructures militaires ukrainiennes dans la nuit du 27 au 28 août sont dûs à l'utilisation « éhontée et criminelle » par le régime de Kiev de la tactique du « bouclier humain », a déclaré Dmitri Poliansky, représentant permanent adjoint de la Russie auprès des Nations unies, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.
Il a souligné que Kiev disposait des installations de son complexe de défense, de systèmes de défense antiaérienne et de contre-mesures électroniques à proximité des zones résidentielles dans les quartiers densément peuplés des villes. « Il n’est donc pas surprenant que les missiles de la défense antiaérienne ukrainienne soient à nouveau tombés sur des quartiers résidentiels », a ajouté le diplomate russe.
« Cependant, ces victimes, loin d'inciter le régime criminel à retirer enfin ces systèmes de défense antiaérienne et les installations militaires des zones résidentielles, sont au contraire exploitées avec empressement comme outil de manipulation politique », a noté Dmitri Poliansky. Selon lui, chaque tragédie de ce genre est « délibérément amplifiée » afin d’accuser la Russie de la mort de citoyens ukrainiens, de « faire appel aux sponsors occidentaux et aux donateurs internationaux, d’exiger l’imposition de nouvelles sanctions et de quémander de nouvelles livraisons d’armes ».
L'Occident ignore les frappes ukrainiennes contre des civils russes
Dans le même temps, les pays occidentaux, « mettant en avant les victimes et les destructions dans les villes ukrainiennes », ignorent délibérément, d’habitude, la chasse délibérée menée par l’armée ukrainienne contre des civils, y compris des femmes, des enfants et des personnes âgées, sur le territoire russe. Selon lui, rien qu’entre le 18 et le 24 août, 140 civils ont été touchés par des tirs des nazis ukrainiens : 121 personnes blessées, dont huit mineurs, et 19 tuées, dont un enfant.
« Ces victimes n’intéressent pas nos collègues occidentaux. Elles s’inscrivent dans leur stratégie visant à nuire à la Russie par l’intermédiaire de l’Ukraine, pour laquelle ils ont créé à l’époque ce prétendu projet "anti-Russie" », a-t-il indiqué.
Kiev entend accuser Moscou de saboter toute tentative de négociations de paix
Dmitri Poliansky a ajouté que la frappe combinée russe contre le complexe militaro-industriel ukrainien était une réponse aux attaques de Kiev perpétrées contre les raffineries de pétrole russes au cours des deux dernières semaines, après le sommet en Alaska.
« Il est évident que ces frappes n'ont pas d’importance stratégique sur le plan militaire, car elles n'ont aucune incidence sur la situation sur la ligne de contact. Leur véritable objectif est de tenter de nuire aux infrastructures énergétiques civiles et de provoquer des interruptions dans l’approvisionnement en carburant », a déclaré le représentant permanent adjoint de la Russie auprès des Nations unies. D’après lui, ces actions « visent également à inciter la Russie à prendre des mesures de rétorsion », à les présenter de manière « déformée comme disproportionnées », puis à « accuser Moscou de saboter toute tentative de négociations de paix ».
Le Kremlin et le ministère russe des Affaires étrangères, commentant les informations faisant état de frappes nocturnes à Kiev, ont déclaré que l'armée russe continuait de frapper des cibles militaires ukrainiennes, ajoutant que les forces armées ukrainiennes frappaient des cibles civiles russes. Selon la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, les dommages causés aux infrastructures civiles ukrainiennes sont le résultat de l'utilisation des systèmes de défense aérienne et des moyens de guerre électronique ukrainiens. Néanmoins, le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a souligné que la Russie restait intéressée par la poursuite du processus de négociation.