Michel Collon est écrivain, journaliste indépendant et fondateur du Collectif Investig’Action, qui anime le site Internet michelcollon.info. Il est spécialisé dans l’analyse des stratégies de guerre, des relations Nord-Sud et des médiamensonges.

Que fera le prochain président des USA ?

La secrétaire d'Etat américain et candidate à l'élection présidentielle Hillary Clinton Source: Reuters
La secrétaire d'Etat américain et candidate à l'élection présidentielle Hillary Clinton

Les États-Unis se préparent-ils à un grand conflit mondial ? L’élite US semble divisée. Et que peuvent faire les citoyens du monde ? L’écrivain Michel Collon publie le dernier article de la série « Obama envisage un conflit mondial ».

C’est la pagaille à Washington ! Netanyahou invité à défier Obama en plein Congrès. Obama dénonçant les républicains va-t-en-guerre. Kissinger critiquant la Maison-Blanche pour son imprudence envers la Russie (« Quand on entend que des escadrons musulmans se battent sous le drapeau ukrainien, on a perdu le sens des proportions »). Bref, l’élite US est profondément divisée : gérer habilement le déclin de l’Empire ou tenter la grande aventure militaire ?

Cette division n’est pas nouvelle. En 2008, nous écrivions : « Après l’échec de Bush, l’élite apparaît assez divisée. La première option possible est militariste : multiplier les guerres, gonfler au maximum les commandes militaires, intimider aussi les alliés et les rivaux. »« L'autre option, défendue par Brzezinski : des formes de violence moins directes, moins visibles. En comptant davantage sur les services secrets, les manœuvres de déstabilisation, les guerres par pays interposés, et sur la corruption aussi. »

Tous les présidents US ont combiné carotte et bâton

Pour la première option, nous exposions le plan effrayant concocté par cinq hauts responsables militaires occidentaux (dont John Shalikashvili ex-chef de l'état-major US et commandant en chef de l'OTAN en Europe). Ce plan prévoyait «un directorat réunissant les États Unis, l'UE et l'OTAN,coordonnant toutes les opérations dans la sphère atlantique». Un super - gouvernement mondial, donc. Ciblant explicitement le danger chinois «sur le plan de la finance et en Afrique», bafouant le droit international en prônant la guerre préventive, militarisant les médias («cette campagne médiatique pourrait préparer les esprits à une intervention armée»), anti-démocratique («nous choisissons de ne pas formuler nos propositions pour la réforme de l'UE de façon aussi détaillée que pour l'OTAN, pour éviter de consulter les populations». Osant même déclarer : «A première vue, l'arme nucléaire peut sembler disproportionnée ; mais si l'on tient compte des dommages qu'elle prévient, il est possible qu'elle soit raisonnable.» Sans commentaires !

Mais en 2008, les multinationales choisirent Obama (lui versant nettement plus de fonds qu’à Clinton et McCain). Pour quel bilan finalement ? Ses « succès » en Libye, Ukraine et Syrie ne créent-ils pas de nouveaux problèmes ? La stratégie du chaos ne brise-t-elle pas les alliances qu’il souhaitait ?

Finalement, «Que fera le président ?» n’est pas la bonne question. Mais bien : «Qu’allons-nous faire pour les arrêter ?

En fait, tous les présidents US ont combiné carotte et bâton. Même Obama augmente le budget militaire : pour entraîner Moscou et Pékin dans une nouvelle course aux armements ? Les médias occidentaux accusent « l’agressivité chinoise » « oubliant » que les USA dépensent 4 % de leur PIB pour l’armée (Pékin 2,1 %), soit 460 milliards de dollars (Pékin 95). Pourtant, Stoltenberg, chef de l’OTAN, prétend imposer aux pays européens de « dépenser plus et mieux » pour la guerre. Baisser encore le niveau de vie pour financer des bombardiers apportant le malheur partout ?

Finalement, «Que fera le président ?» n’est pas la bonne question. Mais bien : «Qu’allons-nous faire pour les arrêter ?» L’élection présidentielle est présentée comme un spectacle, mais il faut la transformer en une lutte de masse mondiale : pression maximum sur les États-Unis pour les obliger à renoncer à leurs plans mortels.

Où qu’on se trouve, nous affrontons le même ennemi : les multinationales

Le tragique, c’est qu’au moment où la guerre gronde, le mouvement anti-guerre a disparu. Le reconstruire passe par ces étapes : 1° Analyser et exposer les stratégies de guerre cachées par les médias. 2° Étudier les grandes pages de l’histoire des mouvements anti-guerre. 3° Et surtout, lier les guerres aux problèmes quotidiens des gens. Où qu’on se trouve, nous affrontons le même ennemi : les multinationales. Si on les laisse dominer le monde et toutes ses richesses, matières premières ou travail, l’écart riches - pauvres croîtra, et aussi la guerre qui sert à maintenir l’injustice.

Aux armes, citoyens ! Contre la guerre !

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