Journaliste israélien : «Selon Netanyahou, Kerry devait quitter la table pour faire paniquer l’Iran»

Meir Javedanfar
Meir Javedanfar

A l’approche du délais des négociations sur le programme nucléaire de l’Iran, le Premier ministre israélien continue de s’opposer à un accord avec Téhéran. Le journaliste israélien d’origine iranienne Meir Javedanfar explique cette position ferme.

«Le Premier ministre [Benyamin] Netanyahou estime que l’Occident est trop doux envers l’Iran», a raconté Meir Javedanfar dans un entretien avec RT, en soulignant que le dirigeant israélien croyait notamment que les américains seraient en mesure d’obtenir encore plus de concessions de la part des iraniens. C’est cette ligne qui est partagée par la plupart des membres du gouvernement de l’Etat hébreu, selon le journaliste.

«L’opinion partagée par une majorité dans les cercles du Likoud est qu’à un moment donné, les Américains devaient quitter la table des négociations afin de faire paniquer les iraniens et obtenir plus de concessions», a expliqué Javedanfar.

Il est vrai que la question de l’Iran est très importante pour la politique intérieure israélienne : malgré le fait que Netanyahou est un leader «divisionniste», sa prise de position ferme sur l’accord nucléaire avec l’Iran est soutenue par la plupart des israéliens. «92 % des Israéliens ont une image défavorable du régime iranien» d’après Meir Javedanfar, qui ajoute que de l’avis d’une vaste majorité de citoyens, «c’est un régime qui depuis le début de son existence veut éradiquer Israël».

«Depuis ces 36 dernières années, nous n’avons entendu que des menaces venant de ce régime, que Israël doit être éliminé, et des expressions de soutien aux attaques terroristes visant les citoyens israéliens», a raconté le journaliste, qui a quitté l’Iran pour Israël en 1987. C’est pour cette raison que même ceux qui ne sont pas complètement d’accord avec la politique de Netanyahou dans d’autres domaines ont quand même beaucoup de mal à croire le régime iranien.

Cependant, certaines prises de position par le Premier ministre ont suscité des critiques venant même de ses partisans. Il suffit de se rappeler de Netanyahou comparant régulièrement l’Iran à l’Etat islamique, en estimant que ce dernier est même moins dangereux que Téhéran.

«Aussi terrifiant que soit l'EI, l'Iran, premier Etat terroriste de notre époque, sera, une fois qu'il aura acquis l'arme nucléaire, cent fois plus dangereux, mille fois plus dangereux et plus destructeur que l'EI», a effectivement déclaré le dirigeant le 26 mai, le jour de l’ouverture du nouveau round des négociations P5 + 1.

Cette position, plusieurs fois répétée par le Premier ministre, nuit à la légitimité de l’Etat israélien, estime Meir Javedanfar. «Comparer l’Iran nucléaire et Daesh avec une bombe nucléaire est une totale aberration», a-t-il déclaré, en soulignant que même si Netanyahou continue à s’opposer à l’accord avec l’Iran, il ne pourra pas influencer sa conclusion.

«Cet accord revêt en fait des éléments qui seraient fantastiques pour la sécurité d’Israël», note le journaliste, Netanyahou soulignant inlassablement que c’est justement de la sécurité israélienne qu’il s’agit. «Chaque visite des installations nucléaires de l’Iran fournira plus d’information, et si en plus l’Iran expédie à l'étranger la majorité de son uranium enrichi, tout cela sera bon pour Israël», a dit pour conclure Meir Javedanfar.

Les ministres des Affaires étrangères des pays du groupe des négociateurs internationaux 5 + 1 et de l’Iran se réunissent aujourd’hui à Vienne pour essayer d’arriver à un accord à la veille de l’expiration du délais le 7 juillet . Cet accord devrait fixer le caractère pacifique du programme nucléaire de Téhéran, accusé par l’Occident de travailler clandestinement sur une bombe atomique. L’Iran réfute ses accusations et exige la levée des sanctions imposés contre lui par l’Occident.

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