Maïdan, 2 ans déjà : l’information sur l’Ukraine vue par le Monde

© Capture d'écran Dailymotion

Deux ans après le coup d'Etat en Ukraine, la couverture des événements tragiques qui se sont déroulés à Kiev par les principaux médias occidentaux fait toujours débat. Olivier Berruyer analyse un article récapitulatif de l’Agence France Presse.

Un petite vidéo «clin d’oeil» pour tous ceux qui ont suivi de près les évènements en Ukraine il y a 2 ans…

Une pièce de plus dans la longue «martyrologie» de l’information en France…

N’hésitez surtout pas à rediffuser !

Les Ukrainiens commémorent la répresssion sanglante du Maïdan

Article pas très tendre de l’AFP, mais il faut parfois savoir lire entre les lignes

Kiev (AFP) – Les Ukrainiens commémorent samedi la répression sanglante du Maïdan, il y a deux ans, épicentre de la contestation pro-européenne, entre la fierté d’avoir changé le cours de l’histoire [OB : Coup d'État, guerre civile !] et l’amertume face à la lenteur des changements [OB : les non-changements du tout] pour lesquels ils avaient milité.

Une marche aura lieu samedi matin sur l’allée de la Centurie céleste où sont morts la plupart des plus de 100 victimes de la répression. Des «projecteurs de la dignité» seront allumés dans la soirée sur des endroits où sont tombés les manifestants.

Une prière pour l’Ukraine et d’autres rassemblements réunissant soldats qui avaient combattu dans l’Est séparatiste prorusse, volontaires et militants auront lieu dans la journée.

Les deux années qui ont suivi ces violences à Kiev, ont été ponctuées par des bouleversements tragiques pour les Ukrainiens.

Après la chute du régime prorusse du président Viktor Ianoukovitch [OB : qui a passé 4 ans à mégocier un accord d'association avec l'UE, et qui a eu comme ministre le président actuel - super «prorusse» le gouvernement !] en février 2014, la Russie a annexé le mois suivant la péninsule ukrainienne de Crimée. Peu après, un conflit armé dans l’Est a éclaté faisant depuis plus de 9 000 morts.

Plus de 250 responsables présumés des tueries sont poursuivis par la justice ukrainienne, mais aucunecondamnation retentissante n’a encore été prononcée.

Le niveau de vie de la plupart des Ukrainiens a drastiquement chuté dans le sillage de la dépréciation de la monnaie et de l’inflation. Et le pays a sombré dans des querelles politiques [OB : comment ça «querelles politiques ?» Lesquelles ?] entre dirigeants pro-occidentaux et des scandales de corruption qui rappellent les pratiques courantes du régime d’avant le Maïdan.

- ‘capables de tout’ -

Mais ceux qui ont participé aux trois mois de contestation sur le Maïdan se réjouissent aujourd’hui du changement des mentalités provoqué par ce soulèvement, même s’ils sont déçus par le pouvoir en place.

Ils reprochent surtout aux autorités leur échec total dans la lutte contre la corruption, une des principales exigences du Maïdan.

Oui, enfin, ça veut donc dire que les nouveaux sont corrompus, quoi…

«Mes espoirs pour la lutte contre la corruption n’ont pas été satisfaits. Mais nous sommes capables de faire tout cela. Je suis content que les gens soient mobilisés depuis le Maïdan», explique Konstantin Levitski, un étudiant de 30 ans.

«Sur le plan moral les changements ont été positifs. Les gens ont cessé d’avoir peur du pouvoir. Si nous avons renversé la «Famille de Ianoukovitch» (le très puissant clan politico-financier de l’ancien président, ndlr), nous sommes capables de chasser tout pouvoir si nécessaire», lance-t-il.

Encore un gars bien. Comme l’Ukraine a toujours été une démocratie, il suffit aussi d’attendre les prochaines élections, hein…

Une mise en garde adressée au président Petro Porochenko, l’un des hommes les plus riches du pays dont la fortune a grimpé depuis son arrivée au pouvoir malgré la crise et la guerre qu’il avait promis d’arrêter en trois mois.

«Les gens au pouvoir n’ont pas changé. Le président a fait des tas de promesses qu’il n’a pas tenues», insiste l’étudiant.

Pour l’avocat Roman Masselko, 35 ans, qui a défendu les militants arrêtés pendant la contestation, c’est l’impunité qui érode le système.

«Le banc des accusés est très petit, deux ans après le massacre et ce sont de simples exécutants qui sont poursuivis», a-t-il affirmé à l’AFP. «L’enquête est délibérément sabotée […] et la responsabilité en revient au pouvoir politique», juge M. Masselko.

OB : euh, ah bon, on ne poursuit pas bien les crimes commis par le régime honni précédent ?

Et le gouvernement a saboté l’enquête sur 100 morts en Europe ? Et ça ne fait la Une, ni l’objet d’enquêtes de journalistes occidentaux ??

Sur 330 juges accusés d’avoir rendu des jugements injustes contre les militants du Maïdan, «seulement 10 ont été limogés, une vingtaine font l’objet de poursuites criminelles, mais 90% d’entre eux continuent de travailler», s’insurge-t-il.

Malgré ce constat amer, l’avocat reste optimiste : «Après le Maïdan la société ukrainienne sait qu’il n’y a pas de portes qui ne puissent être ouvertes.»

Et Kateryna Chevtchenko, 63 ans, s’emporte contre les dirigeants d’aujourd’hui qui «se sont servis des manifestants». «Cette année je n’ai même pas pu m’acheter une bouteille de vin mousseux pour le Nouvel an. Et là-haut ils continuent de voler», peste la retraitée qui avait manifesté jour et nuit en 2014, se disant prête à recommencer.

Beau bilan, quoi…

Souce : AFP dans L’Obs, 20/02/2016

Source : http://www.les-crises.fr

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