Erdogan a réussi à cacher jusque maintenant ses liens avec Daesh en faisant pression sur les médias

Le président Erdogan embrassant le drapeau turc Source: Reuters
Le président Erdogan embrassant le drapeau turc

Après avoir persuadé ses partisans turcs qu’il n’avait rien à voir avec Daesh, le président Recep Tayyip Erdogan doit maintenant le prouver à la communauté internationale, estime Ibrahim Varlik, correspondant d’opposition de l’agence Cihan.

RT : Désormais, le président Recep Tayyip Erdogan accuse la Russie d’avoir fait du commerce de pétrole avec Daesh. A-t-il des motifs sérieux pour prouver ce qu’il avance ?

Ibrahim Varlik : En fait, c’est vraiment nouveau pour la Turquie. Après la dégradation des relations entre Moscou et Ankara, c’est la première fois qu’on entend le président turc dire qu’il y a des liens entre la Russie et le trafic de pétrole de Daesh. Monsieur Erdogan n’a toutefois encore fournie aucune preuve. Il a fait cette annonce en donnant seulement deux noms pour étayer ces allégations. Et c’est la seule preuve qu’il prétend posséder. Il s’agit d’un homme d'affaires syrien, titulaire d'un passeport russe impliqué dans le trafic de pétrole. Mais on ne sait pas encore quelle sorte de preuve ils ont en leur possession.

RT : Quelle est votre opinion sur l’existence présumée de liens entre la Turquie et Daesh ?

Ibrahim Varlik : Les allégations portant sur le soutien accordé par Erdogan et le gouvernement turc à Daesh, n’est pas une nouvelle pour une partie de la population du pays. Le parti turc d’opposition a exprimé ces accusations depuis plus d’un an. Cependant, le président a réussi à y répondre non seulement par le déni mais en exerçant son pouvoir sur les médias et autres juridictions.

Toute personne qui a prétendu détenir des preuves sur des connexions entre la Turquie et Daesh, a été réduite d’une façon ou d’une autre. Comme il est connu, Can Dündar, un des plus célèbres journalistes turcs, se trouve en ce moment en prison pour avoir publié un reportage sur les drogues en Turquie.

RT : Qu’en est-il de la preuve détaillée qu’a présentée la Russie à ce propos ?

Ibrahim Varlik : Ce qui est nouveau dans les allégations russes, c’est la dimension internationale. Le président Erdogan a persuadé ses partisans en Turquie qu’il n’y a aucun lien entre lui ou le gouvernement et le groupe terroriste. Mais aujourd’hui, les accusations ont pris un aspect différent et le président turc doit désormais convaincre la communauté internationale que ces allégations ne sont pas véridiques alors que les preuves du ministère russe de la Défense semblent être assez solides.

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