La Grande Interview : Natalia Narotchnitskaïa

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Natalia Narotchnitskaïa, universitaire et historienne russe, revient sur le problème de la réécriture de l’histoire de la Seconde guerre mondiale par certains pays occidentaux et leurs tentatives de mettre sur le même plan le nazisme et le communisme

Spécialiste des relations internationales au XXe siècle, Natalia Narotchnitskaïa, dans son interview avec Antoine Cléraux, dénonce l’idée« anti-scientifique et immorale » d’une prétendue équivalence entre le nazisme et le communisme et donc de leur culpabilité égale dans l’avènement de la Seconde guerre mondiale. Elle souligne que ces clichés préfabriqués et entrés dans l’arsenal politique de plusieurs pays occidentaux comme les pays baltes, Pologne, Ukraine, etc., sont utilisés à des fins idéologiques.

L’historienne précise que cette idée d’égalité entre le nazisme et le communisme n’a pu être accepté en Europe après la guerre puisque la mémoire de ces événements était encore très vive,par exemple de nombreux Britanniques ont exprimé « leur admiration pour l’esprit de sacrifice des défenseurs de Stalingrad. » Les premières tentatives d’établir un lien entre le nazisme et le communisme datent de l’époque de la guerre froide. Aujourd’hui ce débat historique continue à affecter la politique internationale qui cherche à justifier la « redistribution du monde » et la nouvelle configuration géopolitique autour de la domination de l’OTAN. Dans cette perspective les pays occidentaux ont eu besoin de représenter l’URSS comme un monstre totalitaire égal à l’Allemagne hitlérienne.

...les victoires ne seraient pas des victoires mais une défaite...

Le nouveau paradigme, explique Natalia Narotchnitskaïa, a donc complètement renversé les sens et la vérité des faits. Ainsi depuis ces dernières années, « l’URSS serait responsable de ce conflit, les victoires ne seraient pas des victoires mais une défaite. La guerre aurait été menée non pas pour le droit des nations à l’existence (…) avec le droit de choisir son avenir, ni pour la sauvegarde des peuples dans l’histoire mondiale mais pour la démocratie américaine. » Et comme l’URSS n’était pas une démocratie, elle était mise sur le même plan que l’Allemagne nazie et donc elle « n’a plus le droit d’être honorée comme vainqueur », s’indigne l’historienne.

Elle explique aussi que, dès le début de l’année 1939, à plusieurs reprises l’URSS avait proposé aux pays européens de conclure un accord contre l’Allemagne hitlérienne qui prévoyait déjà une opération militaire mais que toutes ses propositions avaient été rejetées.

On n’accepte pas les insultes envers la nation qui a sacrifié 27 millions de vies pour que les Russes et les autres nations restent dans l’histoire

Natalia Narotchnitskaïa revient également sur les circonstances dans lesquelles le pacte germano-soviétique entre Molotov et Ribbentrop a été conclu. A ce sujet elle cite Churchill : « Le fait qu’un tel accord soit devenu possible marque toute la profondeur de l’échec de la politique et de la diplomatie britannique et française », et puis en parlant de Moscou il ajoute que « si sa politique était froidement calculée, elle était très réaliste ». Cela montre qu’un tel accord n’était pas inattendu ou injustifié, notamment lorsqu’aucune autre configuration défensive n’était possible, précise l’historienne, surtout que la Pologne se déclarait prête à soutenir Hitler en cas d’agression contre l’Union Soviétique. Déjà à notre époque, aujourd’hui, cette idée ne laisse pas indifférents les Polonais car le 28 septembre 2005 dans le journal Rzeczpospolita l’historien Pawel Wieczorkiewicz avait « regretté que la Pologne n’ait pas réussi à s’entendre avec Hitler et ne soit pas devenue son alliée comme Mussolini, autrementles généraux polonais auraient participé avec Hitler au défilé de l’Allemagne victorieuse sur la Place Rouge ».

La Victoire est un fait fondamental pour notre conscience nationale et historique

Elle explique également qu’aujourd’hui toutes les tentatives de réécriture de l’histoire sont considérées par le peuple russe comme des insultes, car « on n’accepte pas les insultes envers la nation qui a sacrifié 27 millions de vies pour que les Russes et les autres nations restent dans l’histoire. »

Aujourd’hui « la victoire est un fait fondamental pour notre conscience nationale et historique », souligneNatalia Narotchnitskaïa. « Quand on évoque la guerre patriotique, une guerre contre les étrangers venus conquérir et asservir, les discussions pour savoir si l’Etat était bon ou mauvais sont déplacées. Ce n’est pas l’Etat qui était menacé de danger de mort mais la patrie. Et sans notre exploit il n’y aurait ni démocratie ni Union européenne en Europe ».

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