Nemtsov : les marques exhibées par Zaour Dadaev ne prouvent pas forcément qu’il y a eu torture

Après que Zaour Dadaev a déclaré avoir avoué son implication dans le meurtre de l’opposant russe sous la torture, deux organisations russes des droits de l’homme ont enquêté mais arrivent à des conclusions différentes.

Des représentants de deux organisations russes des droits de l’homme ont rendu visite aux suspects de l’assassinat de l’opposant , après que les accusés Zaour Dadaev, Anzor Goubashev et Shagid Goubashev ont laissé entendre qu’ils avaient été torturés.

Anton Tsvetkov, le chef de la Commission de surveillance publique en charge de la surveillance des conditions de détention, et trois autres activistes ont rencontré les suspects incarcérés dans la prison de Lefortovo à  pour examiner leurs conditions de détention. Anton Tsvetkov a déclaré que les conditions de détention étaient parfaites et que la santé des trois hommes, disposant chacun d’une cellule, ne courait «aucun danger».

«Aucune preuve de torture ou de coups n’a été découverte», a déclaré aux journalistes le chef de la Commission de surveillance, ajoutant que «l’information sur les tortures dont les suspects auraient été victimes n’est pas crédible».

Il a cependant refusé de tirer des conclusions immédiates. «Nous voudrions que des enquêteurs examinent cette question rigoureusement», a souligné Tsvetkov.

Le Comité d’instruction a annoncé qu’il se pencherait sur la question le 11 mars. «S’il y a des accusations de violences commises à l’encontre des suspects, on doit les examiner sérieusement», a annoncé le service de presse du Comité d’instruction.

La veille pourtant, deux activistes des droits de l’Homme, Andreï Babouchkin et Eva Merkatcheva, également membres de la Commission de surveillance publique, sont, eux aussi, arrivés à Lefortovo pour rencontrer les suspects de l’assassinat de Boris Nemtsov. Au terme de leur visite, ils ont déclaré que les hommes suspectés se plaignaient d’avoir été battus et privés de nourriture au cours de leur détention.

Andreï Babouchkin, qui est par ailleurs membre du Conseil présidentiel pour la Société Civile et les droits de l’Homme, a écrit sur son blog qu’il avait vu «plusieurs blessures» sur les corps de Zaour Dadaev et d’Anzor Gubashev, soulignant qu’il existait «des raisons suffisantes pour croire que Dadaev et Gubashev ont été torturés».

Des conclusions radicalement opposées à celles d’Anton Tsvetkov, qui reconnait toutefois que les bleus et les plaies sont monnaie courante pour les personnes en détention.

«Zaour Dadaev a dit qu’on l’avait torturé en lui infligeant notamment des chocs électriques. Mais nous avons examiné son corps et nous n’avons pas trouvé de traces de brûlures», a justifié Anton Tsvetkov.

Shagit Gubashev a dit que son frère Anzor avait été battu avec une batte de baseball. Mais Anzor lui-même dément, a encore expliqué Tsvetkov. Les activistes ont ajouté de ne pas avoir trouvé de traces de coups de batte sur son corps.

Le chef de la Commission de surveillance publique a déclaré que les trois détenus Zaour Dadaev, Anzor Gubashev et Shagid Gubashev, auxquels il avait rendu visite, avaient refusé de reconnaître leur culpabilité. Ce week-end pourtant, Zaour Dadaev avait reconnu sa participation à l’assassinat.

Dans le même temps, le Comité d’instruction a déclaré qu’il examinerait les raisons pour lesquelles les activistes Babouchkin et Merkatcheva avaient fait preuve d’intérêt pour les détails de l’enquête alors que cela constitue une «violation de la loi».

Merkacheva a rejeté ces accusations, les qualifiant d’«absurdes» et cherchant à «paralyser les activités des organisations de défense des droits de l’Homme».

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