Programme nucléaire iranien : le dernier rapport de l’AIEA inquiète Israël, Téhéran se défend

Source : RIA Novosti Source: RIA NOVOSTI
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Un rapport de l’AIEA a provoqué une guerre des mots à l'aube des dernières négociations à Genève. Israël a déclaré que l’Iran «se prépare à la fabrication d’armes nucléaires» tandis que l’Iran assure qu’il a fait preuve de transparence.

«L’agence continue à s’inquiéter de l’existence éventuelle d’activités de nature nucléaire dissimulées par l’Iran et impliquant des organisations en rapport avec l’armée, et notamment d'activités qui se rapportent au développement d’une charge nucléaire pour missile», a indiqué une copie d’un document confidentiel rédigé par l’Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) que des médias de plusieurs pays se sont procurés jeudi soir.

La réaction  a été plus emphatique. «Le rapport de l’AIEA indique à nouveau que l’Iran refuse de révéler au monde ses préparatifs à la fabrication d’armes nucléaires. L’Iran persiste à dissimuler ses activités à la communauté internationale à l’heure où les grandes puissances poursuivent leurs efforts en vue de lui permettre de produire le cœur de telles armes : l’uranium enrichi. Tout cela n’est pas cohérent», a déclaré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

«Les grandes puissances n’ont aucun intérêt à courtiser l’Iran et à lui donner la possibilité de fabriquer des armes nucléaires au moment même où ce dernier refuse de communiquer les détails de ses préparatifs en vue de produire des armes nucléaires», a-t-il ajouté.

En 2013, l’Iran a conclu un accord intérimaire avec la , les Etats-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne par lequel il s’engagé à ne pas élargir son programme nucléaire en échange de l’assouplissement des sanctions bancaires et pétrolières imposées par l’Occident.

Téhéran, à son tour, voit dans le rapport de l’AIEA une chance de progresser en vue d’un accord futur qui, selon les négociateurs, doit être conclu en juin au plus tard.

«Le rapport détaillé comprend les sites, le nombre de centrifuges et leurs types, la quantité des matériels enrichis et non-enrichis, le nombre de plaques à combustible, de multiples rapports après inspections, prises d’échantillons, et tout cela malgré le fait que ce n’était pas indispensable et que c'était contraire aux objectifs du Mouvement des non-alignés. La transparence complète du programme nucléaire pacifique de l’Iran a été reflétée par ce rapport», a dit Reza Najafi, envoyé de l'Iran auprès de l'AIEA, lors de sa déclaration diffusée par les agences de presse du pays.

Téhéran a répété à plusieurs reprises que son programme nucléaire est complètement pacifique et l’est depuis des décennies.

L’AIEA a félicité la partie iranienne de l’arrêt de la construction d’une centrifuge nouvelle génération IR-5 capable d’enrichir l’uranium, objet signalé dans un rapport de novembre.

«Ce revirement montre que l’Iran est réceptif aux inquiétudes sur l’enrichissement», a-t-on souligné dans un institut de recherches ("Institute for science and international security") qui observe le programme nucléaire iranien.

Pour d’autres experts, l’Iran doit encore faire des efforts.

Un des problèmes de cet accord intérimaire est qu’il a été envisagé comme un document préparatoire de bonne volonté et qu’il ne garantit pas l’accès libre et complet aux installations nucléaires de l’Iran aux inspecteurs de l’AIEA, c’est pourquoi il est difficile d’estimer la véritable ampleur des ambitions nucléaires de Téhéran.

«Les Etats-Unis et leurs partenaires n’ont pas inclus l’observation des exigences de l’AIEA dans l’accord intérimaire (officiellement intitulé “Plan d’action conjoint”) et cela n’a pas été mis sur la table des négociations de l’accord global. La séparation de ces pistes était une grave erreur car nous avons besoin de connaître les éléments réels du programme nucléaire de l’Iran pour négocier convenablement l’accord global et veiller convenablement au respect de l’accord», a dit Mike Makovsky, directeur général de l’Institut juif pour les affaires de sécurité nationale.

Le rapport lui-même confirme indirectement ces craintes.

«L’Iran n’a pas présenté d’explications qui permettent à l’Agence de clarifier deux mesures pratiques hors du commun. Ces mesures se rapportent à l’activation de puissants explosifs et à des transferts calculés de neutrons», lit-on au chapitre «Dimension militaire potentielle» du rapport.

Najafi n’a tout simplement pas pris au sérieux cette partie du rapport de l’AIEA, disant qu’elle manque de «crédibilité».

Après la dernière phase de négociations qui a débuté vendredi à Genève, les représentants iraniens se rendront au siège de l’AIEA à Vienne. Entretemps, le cadre normatif d’un accord diplomatique permanent qui aura pour résultat la levée complète des sanctions est annoncé pour fin mars.

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