Une série de meurtres et de «suicides étranges» en Ukraine

Oleg Kalashnikov (Capture d'écran de http://glavpost.com)
Oleg Kalashnikov (Capture d'écran de http://glavpost.com)

Un ancien député ukrainien et militant actif contre Maïdan, Oleg Kalashnikov, a été tué chez lui à Kiev. Son meurtre est le dernier d’une série de morts étranges d’anciens officiels ukrainiens et de membres du parti de Viktor Ianoukovytch.

L’homme de 52 ans a été retrouvé mort dans son appartement à Kiev mercredi soir. Sa mort a été «causée par une balle», a déclaré le ministère de l’Intérieur, en annonçant le lancement d’une enquête policière. Le chef du service d'enquête criminelle de l’Ukraine, Vasily Paskal, a déclaré s’occuper personnellement de l’enquête et a promis de communiquer aux journalistes toute avancée sur l’enquête.

L’enquête se concentre sur cinq mobiles possibles, selon le conseiller principal du ministre de l’Intérieur, Anton Gerashchenko.

Selon l’enquête, le premier mobile possible du meurtre est «l’activité politique» d’Oleg Kalashnikov liée à «sa participation à l’organisation et au financement» d’événements contre-révolutionnaires en Ukraine. Anton Gerashchenko a souligné que l’ancien député «savait des choses» sur le mouvement anti-Maïdan qui a résisté au coup d’Etat en 2014 et qui continue à défier les nouvelles autorités à Kiev.

«Sans aucun doute, le défunt en savait beaucoup sur les personnes et les moyens de financement du mouvement anti-Maïdan, ce qui a coûté à Viktor Ianoukovytch et ses partisans influents quelques millions de hryvnias par jour. Il a emmené ses secrets avec lui dans la tombe», a fait savoir Anton Gerashchenko. Les dettes commerciales, l’inimitié personnelle, la tentative de cambriolage et «d’autres versions du meurtre» sont mentionnées parmi les autres mobiles possibles.

Les médias ukrainiens ont rapporté qu’avant son meurtre, Oleg Kalashnikov a été menacé à cause de ses opinions politiques, en particulier sur sa volonté de défendre le droit aux Ukrainiens de célébrer le 70ème anniversaire de la victoire de la Seconde Guerre mondiale.

Dans une lettre adressée à son ami avant le meurtre, Oleg Kalashnikov aurait écrit que «les menaces de mort et les insultes constantes» étaient devenus «la norme» après son appel ouvert à honorer la mémoire des héros et des victimes de la Grande Guerre patriotique.

Le député ukrainien et ancien porte-parole du groupe extrémiste Secteur droit, Borislav Bereza, est allé plus loin en prétendant qu’ Oleg Kalashnikov a été tué par ses «anciens employeurs» qui «craignaient» qu’il pouvait divulguer leurs activités passées. Alors qu’une partie du secret «a été emmenée dans la tombe», certaines informations ont été conservée «en format électronique», a constaté  Borislav Bereza.

«Une série de suicides étranges d’anciens membres du Parti des régions et maintenant le meurtre de Kalashnikov, cela soulève des questions sur les autorités garantes de l'application de la loi. J’espère que la société ukrainienne obtiendra les réponses», a déclaré le député ukrainien.

Pendant ce temps, Oleg Tsarev, le président du parlement de la Nouvelle-Russie autoproclamée, a admis que le meurtre de Kalashnikov était le dernier maillon de la chaîne de décès mystérieux d’anciens partisans du Parti des régions.

Le meurtre vise à prévenir ceux qui osent s’opposer au gouvernement de Kiev ce qu’il adviendra d’eux, pense Oleg Tsarev.

Au cours des derniers mois, au moins huit anciens officiels du gouvernement ukrainien sont décédés dans des circonstances mystérieuses, dont une majorité de ces morts qualifiées de suicides.

Le 29 janvier, un ancien président du gouvernement régional de Kharkov, Alekseï Kolesnik, a été retrouvé pendu.

Le 24 février, un ancien membre du Parti des régions Stanislav Melnik est décédé d’un coup de feu, mais sa mort a été qualifiée de suicide.

Le 25 février, quelques heures avant son procès, le maire de Melitopol Sergueï Valter a été trouvé pendu sans laisser de lettre de suicide.

Le 26 février, le chef adjoint de la police de Melitopol, Aleksandr Bordyuga, qui aurait dû défendre Sergueï Valter lors de son procès, a trouvé la mort dans son garage.

Le 26 février, l’ancien député et ancien président de l'administration régionale de l'Etat de Zaporojie a été trouvé mort d’une blessure au cou. Après enquête, sa mort a été qualifiée de suicide.

 Le 28 février, un ancien membre du Parti des régions, Mikhail Chechetov, a sauté par la fenêtre de son appartement du 17ème étage à Kiev, en laissant une lettre de suicide derrière lui.

Le 14 mars, Sergueï Melnichuk, un procureur de 32 ans, est également tombé de la fenêtre de son appartement au 9ème étage à Odessa.

«En Ukraine, il est maintenant très difficile de maintenir un point de vue, de ne pas abandonner, de s’exprimer publiquement», a annoncé à Lifenews Oleg Tsarev en guise de conclusion.

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