Yémen : Raids aériens à Aden où les civils manquent de tout

Yémen© Khaled Abdullah Ali Al Mahdi Source: Reuters
Yémen

L’Arabie Saoudite a effectué de nouveaux raids aériens sur le Yémen, et notamment à Aden. Les frappes de la coalition ont visé les positions houthies et le palais présidentiel pris par les Houthistes.

Les avions de la coalition arabe emmenée par  ont pris pour cible des barrages et des positions houthies aux points d’entrée de la ville d’Aden, un grand port yéménite. A l’aube, des avions ont également bombardé le complexe présidentiel à Aden.

La situation humanitaire à Aden reste critique. La population manque de biens de première nécessité, et d’abord de nourriture. «Les écoles, les universités et les entreprises publiques et privées ont fermé. De nombreux ouvriers et employés ont été licenciés par leur patron qui ne pouvaient plus les payer», a expliqué un habitant de la ville d’Aden à l’AFP.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), environ 650 personnes ont été tuées et plus de 2 000 blessées depuis le début du conflit. Les chiffres réels pourraient être plus élevés car beaucoup de corps sont enterrés tout de suite, sans être envoyés dans les hôpitaux.

En attendant, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon a appelé dimanche à reprendre des négociations de paix et à arrêter toutes les opérations militaires au Yémen. «Il devrait y avoir une cessation des actions militaires dès que possible», a déclaré Ban Ki-moon aux journalistes. «Je suis profondément préoccupé par l'escalade militaire, les victimes civiles s'accumulent et les infrastructures publiques sont détruites», a-t-il ajouté.«Nous avons urgemment besoin d'une désescalade et d'un retour à des négociations pacifiques», a souligné Ban Ki-moon rappelant que «les négociations offrent la meilleure chance de prévenir un long ».

Mais l’Arabie saoudite n’envisage pas d’arrêter son opération meurtrière.Le porte-parole saoudien de la coalition militaire arabe a déclaré samedi qu’elle avait mené un total de 1 200 frappes aériennes au  depuis le début de l'intervention le 26 mars. Il a ajouté que les raids allaient «se poursuivre».

Le professeur agrégé de l’université de l’Oklahoma Firat Demir affirme que le déploiement des troupes au sol ne sera d’aucune aide pour stabiliser la situation au Yémen. Cette invasion ne fera qu’aggraver les choses.

«L’ambition et les objectifs du régime saoudien ne sont pas clairs, si ce n’est qu’ils sont sectaires et qu’ils tentent de séparer les chiites en Arabie saoudite et au Yémen. Une grande invasion ne ferait qu’aggraver les choses.»

Il a précisé qu’une fois les Houthis étaient défaits, la situation serait encore pire qu’en Afghanistan.

«J’espère que le Conseil de sécurité de l’ONU fera quelque chose avant que cela n’évolue en une véritable guerre, et plus particulièrement parce que le Yémen contrôle l’entrée et la sortie d’une des principales voies pétrolières de la planète. Si le conflit s’étend à l’Arabie saoudite, alors il faudra intervenir par sauver le régime saoudien, ce qui coûtera bien plus cher. Les rebelles Houthis combattent Al-Qaïda et Daesh au Yémen, qui contrôlent à l’heure actuelle la plus grande partie du pays. Si les Houthis sont défaits, tout le pays sera aux mains d’Al-Quaïda et de l’Etat islamique et ce sera encore pire qu’en Afghanistan.»

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales