La Grande-Bretagne a espionné l’Argentine qui aurait essayé de réoccuper les Malouines (VIDEO)

Reuters/Kieran Doherty Source: Reuters
Reuters/Kieran Doherty

Selon des documents diffusés récemment par le lanceur d’alerte Edward Snowden, la Grande-Bretagne espionnerait l’Argentine depuis plusieurs années, redoutant que Buenos-Aires n’occupe à nouveau les îles Malouines.

Les données du renseignement diffusées par  indiquent que la Grande-Bretagne espionnerait les autorités argentines depuis au moins 2009, préparant des cyber-opérations pour influencer l’opinion publique à l’égard des îles Malouines.

L’agence de renseignement britannique le Government Communications Headquarters (GCHQ) aurait préparé un plan audacieux nommé «L’opération QUITO», qui implique le Groupe de renseignement et de recherche sur les menaces [Joint Threat Research and Intelligence Group – JTRIG], une unité secrète chargé de diffuser de fausses informations.

Ces fuites décrivent cette mission comme une «opération à long terme, à grande échelle et avec des effets novateurs».

Edward Snowden a remis des documents au site internet The Intercept et ils ont été publiés en collaboration avec le site argentin Todo Notícias.

L’année dernière, les premières informations sur le JTRIGont été diffusées. Elles précisaient que des outils secrets pour remplir internet de fausses informations avaient été développés : la capacité de manipuler les résultats des sondages en ligne, de gonfler artificiellement le nombre de pages vues d’un site internet, d’insérer de faux posts sur  pour «un pays entier», rapporte The Intercept.

Cette opération d’espionnage aurait été lancée par le Royaume-Uni à cause de sa peur de voir l’Argentine organiser une nouvelle opération pour s’emparer des îles Malouines.

Les îles Malouines que l’Argentine appelle les îles Malvinas sont sujettes de la Couronne britannique depuis 1833 mais l’Argentine conteste cette souveraineté. En 1982, les Argentins ont perdu une guerre qui a fait 900 morts contre le Royaume-Uni alors que Buenos Aires tentait de se réapproprier ces îles.

En 2013, le Royaume-Uni a tenu un référendum sur les îles Malouines. 99,8% des 1 517 résidents ont voté pour rester un territoire britannique d’outre-mer. Buenos Aires pour sa part rejeté ce referendum et déclaré que la population britannique «implantée» n’avait pas le droit à l’auto-détermination.

Le mois dernier, le Royaume-Uni a annoncé un renforcement de la sécurité sur les îles Malouines : environ 380 millions d’euro devraient être dépensés sur les dix prochaines années pour améliorer les défenses militaires de l’archipel. 1 200 soldats et une batterie de missiles sol-air Rapier ont été déjà déployés sur place.

Même si les Etats-Unis ont été peu enclins à soutenir ouvertement le Royaume-Uni dans le différend qui l’oppose à l’Argentine, la NSA [l’Agence nationale de sécurité] aurait aidé à monter cette opération, au moins en 2010.

Le fait qu’un groupe de compagnies de prospection pétrolière britanniques aient trouvé du pétrole et du gaz au Nord des îles Malouines, tous deux susceptibles de générer des revenus de plusieurs millions de dollars, jette de l’huile sur le feu. Le gouvernement argentin a d’ores et déjà menacé de contester en justice tout forage exploratoire.

Il est évident que l’Argentine voit ces activités de prospection d’un mauvais œil car elles pourraient enflammer les tensions sur la propriété controversée de ces îles.

L’Argentine a déclaré que le forage pétrolier sur les îles Malouines était illégal et en novembre 2013, l’ambassade d’Argentine à Londres avait déjà publié une déclaration selon laquelle les dirigeants de ces sociétés de prospection risquaient des peines allant jusqu’à 15 années de prison, des amendes d’une valeur à 1,5 millions de barils de pétrole, à la confiscation du matériel et des hydrocarbures produits. 

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