Un couple allemand verse 875 euros à la Grèce comme réparation pour la Seconde guerre mondiale

Une vue de la vieille partie de Nauplie (Source: Wikipédia)
Une vue de la vieille partie de Nauplie (Source: Wikipédia)

Un couple allemand visitant la Grèce a laissé un chèque de 875 euros au maire de la ville de Nauplie, lui expliquant qu’ils tenaient à s’excuser pour l’attitude de leur gouvernement qui a refusé de payer les réparations de la Seconde guerre mondiale.

Nina Lahge, qui ne travaille que 30 heures par semaine, et Ludwig Zacaro, à la retraite, ont fait ce geste symbolique en expliquant que ce montant de 875 euros correspondait exactement à la somme que chaque allemand devrait rembourser pour atteindre la totalité de la dette allemande.

«Si nous, les 80 millions d’Allemands, devions payer la dette de notre pays à la , chacun devrait rembourser 875 euros. En signe de solidarité et symboliquement, nous voudrions rendre cet argent, 875 euros, à la population grecque», ont-ils déclaré.

Ils se sont excusés de ne pas avoir été capables de payer pour eux deux.

«Nous avons honte de l’arrogance dont notre pays et plusieurs de ses citoyens font preuve à l’égard de la Grèce», a confié le couple aux médias locaux de Nauplie, dans le Sud de la Grèce.

En savoir plus : L’Allemagne refuse de payer à la Grèce des réparations pour la Seconde guerre mondiale (VIDEO)

Ils estiment que le peuple grec n’est pas responsable de l’échec des gouvernements grecs précédents. «C’est l’Allemagne qui vous doit le montant des réparations pour la Seconde guerre mondiale, dont un partie correspond au prêt extorqué de 1942», ont-ils expliqué.

Le prêt évoqué par le couple a été accordé au Troisième Reich par la Banque centrale de la Grèce occupée pendant la Seconde guerre mondiale, ce qui a ruiné l’économie du pays.

«Le maire de Nauplie, Dimitris Kotsouros, a fait savoir que l’argent avait été versé à une organisation caritative locale.

Le nouveau Premier ministre grec, qui appartient à un mouvement de gauche radicale, Alexis Tsipras, a évoqué la question des réparations lors de ses négociations avec l’Eurogroupe concernant la restructuration de la très importante dette de la Grèce. Elle atteint en effet 175 % de son PIB. Pour éviter un possible défaut de paiement et la sortie éventuelle du pays de la zone euro, la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international, connus sous le nom de «troïka», ont accordé un prêt à la Grèce à condition qu’elle mette en œuvre de rigoureuses mesures d’austérité, contestées par les citoyens grecs qui disent que ces mesures rendent leurs conditions de vie trop difficiles.

La Grèce a déclaré que  lui devait de l’argent pour le fameux prêt extorqué pendant la guerre, une réclamation réfutée par la plupart des hommes politiques allemands.

«Cette réclamation n’est pas justifiée. Les Grecs doivent remplir leurs obligations économiques et ne pas chercher ailleurs les responsables», a confié Volker Kauder, le chef des parlementaires conservateurs allemands au site d’actualités grec Ekathimerini.

Après sa reddition inconditionnelle en 1945, l’Allemagne n’a pas accepté de payer de réparations car elle était en faillite à ce moment-là, une circonstance qui a fait que la Grèce, de même que d’autres pays, ne se sont pas opposés à cette décision.

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