Pédophilie : le Royaume-Uni tente de faire face à ses démons

Des écoliers d'une école britannique pendant la recreation. (Capture d'ecran, vidéo de RT)
Des écoliers d'une école britannique pendant la recreation. (Capture d'ecran, vidéo de RT)

Le Royaume-Uni vient de nommer la juge Lowell Goddard à la tête de l’enquête publique indépendante sur les abus sexuels sur les enfants. Sa mission sera d’enquêter sur un réseau de pédophiles présumé qui sévissait à Westminster dans les années 80.

A la suite de révélations de nombreuses affaires de pédophilie atteignant les plus hautes sphères de l'Etat britanique, la Secrétaire d’Etat à l’intérieur Theresa May, avertit dans le Telegraph que le problème «est tissé secrètement dans l’étoffe de notre société» et qu’il ne pourrait s’agir que de «la partie émergée de l’iceberg».

En juillet 2014, le lanceur d’alerte Peter McKelvie a divulgué une liste compilée par la police d’actuels ou anciens politiciens suspectés de participer à des abus sexuels sur des enfants. Il a révélé que pas moins de 40 députés et pairs du Royaume étaient au courant ou faisaient partie du réseau pédophile.

Le problème semble concerner même les institutions les plus respectées. En effet, des viols d’enfants dans les années 70 auraient été couverts par le MI5, les services de renseignements britanniques. Une plainte en cours reproche aux services d’avoir interféré dans des enquêtes policières pour mener leur propre investigation et protéger leurs informateurs.

Les révélations n’ont pas seulement touché les institutions publiques. L’ancien présentateur et très populaire Jimmy Savile aurait violé des centaines d’enfants et d’adultes au long de sa longue carrière. L’organisation «Donnons une voix aux victimes» recense plus de 400 personnes ayant déposé plainte contre Jimmy Savile.

Plus récemment encore, on apprend via le Service de Police Nord-Irlandais (SPNI) que 50 personnes ont été arrêtées en 2014 pour détention d’images pédophiles. Les arrestations sont survenues à la suite de 70 perquisitions et ont donné lieu à 37 condamnations.

Rachel Shields, officier de police en charge des  aggravés du SPNI, invoque un problème à une «échelle globale», mais concède que l’Irlande du Nord présente de «sérieux délinquants» en la matière.

A l’heure où l’on parle, des centaines de délinquants sexuels ont disparu du Royaume-Uni. Une requête formulée par Associated Press sur la liberté d’information a révélé que 396 délinquants ayant purgés leur peine ne font l’objet d’aucune surveillance de la part de la police. Certains ont pris le large il y a plus de dix ans.

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