Le quotidien USA Today trouve des nazis dans le bataillon de volontaires de Kiev

Les combattants du bataillon Azov© Alexander Maksimenko Source: RIA NOVOSTI
Les combattants du bataillon Azov

Un sergent du bataillon Azov a avoué au quotidien américain USA Today qu’il ne tarissait pas d’éloges pour l’idéologie nazie. Un porte-parole du bataillon assure que c’est un «choix personnel» pour moins d’un cinquième de l’unité.

Le quotidien américain USA Today a consacré un reportage au bataillon Azov déployé dans la ville de Marioupol, dans le sud de l’Ukraine. Nombre de militaires de cette unité financée par l’oligarque ukrainien Igor Kolomoïsky s’y expriment.

Un sergent instructeur qui se fait appeler Alex a déclaré au journal qu’il était partisan d’un leadership autoritaire du pouvoir ukrainien dans le style nazi, mais qu’il ne partageait pas le génocide des Juifs par les nazis, pour autant que les minorités «ne demandent pas de privilèges spéciaux».

Alex a insisté sur le fait qu’après la fin de la guerre, lui et d’autres militaires du bataillon Azov rentreraient à  pour renverser le gouvernement corrompu et pour nationaliser les biens des riches oligarques.

Les officiers de rang supérieur du bataillon ont démenti la présence d’un grand nombre de néonazis dans leur effectif. «Je sais qu’Alex est un nazi, mais c’est son idéologie personnelle. Il n’y a aucun lien avec l’idéologie officielle du bataillon Azov», a déclaré Andrey Dyachenko, porte-parole de l’unité. Pourtant, il a reconnu que «seulement 10% à 20% des membres du groupe sont des ».

Les combattants du bataillon Azov© Evgeny Kotenko Source: RIA NOVOSTI
Les combattants du bataillon Azov

Le commandant adjoint du bataillon Azov, Oleg Odnorozhenko, a prévenu que le sergent instructeur n'était pas représentatif de tout le groupe. «S’il a ses sympathies propres, c’est son affaire», a déclaré le commandant adjoint, en ajoutant qu’Alex «sera sévèrement puni pour son manque de discipline».

«Les idées d’aller à Kiev pour changer le gouvernement d’une manière illégale doivent être tuées dans l'œuf», a souligné le cadre du bataillon, en ajoutant qu’Alex était «un bon sergent instructeur et un bon instructeur de tactique et du maniement des armes», c’est pourquoi son futur dans l’unité est probablement assez prometteur.

Un membre de l’état-major des Forces armées ukrainiennes à Kiev, le colonel Oleksy Nozdrachov, a qualifié les combattants du bataillon Azov de patriotes. «Ce sont des volontaires qui ont décidé de sacrifier leur vie pour le pays. Ils sont solides et féroces dans le combat et ils ne vont pas abandonner leur terre», a-t-il expliqué.

Les bataillons de volontaires contrôlés par Kiev et par le Service de sécurité d’Ukraine sont responsables d’un nombre croissant de violations des droits de l’homme, en particulier de tortures et aussi de faire disparaître les personnes soupçonnées de «séparatisme», a déclaré le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme dans un rapport en décembre 2014.

Le rapport qui couvrait le mois de novembre seulement constatait encore que le Parquet militaire ukrainien n’avait pris aucune mesure pour mener une enquête sur un «grand» nombre de violations présumées des droits de l’homme, «notamment des pillages, des arrestations arbitraires et des mauvais traitements perpétrés par les membres de certains bataillons de volontaires tels qu’Aïdar, Azov, Slobojanchtchina et Shakhtar».

En septembre 2014, un autre rapport international a confirmé que des crimes de guerre, en particulier des enlèvements, des exécutions et des cas d’extorsion, avaient été commis par le bataillon de volontaires Aïdar dans la région de , située dans l’Est de l’Ukraine.

Cet article de USA Today n’est pas le premier dans lequel des volontaires du bataillon ukrainien reconnaissent ouvertement partager l’idéologie nazie. L’année dernière, des croix gammées et des insignes SS auraient été aperçus sur des membres des bataillons ukrainiens Azov et Donbass.

Des images tournées par la chaîne de télévision allemande ZDF ont montré des soldats ukrainiens portant les swastikas et les «runes SS» des corps d’élite d’Adolf Hitler.

Il y a un an, le journaliste de la BBC Gabriel Gatehouse s’est rendu à Kiev pour mener une enquête sur les liens entre le nouveau gouvernement ukrainien et les néonazis. Après avoir rapporté que «des groupes d’hommes armés traversaient Maïdan avec une iconographie douteuse», et en particulier des symboles allemands utilisés par les divisions SS pendant la Seconde Guerre mondiale, le journaliste d’investigation britannique a trouvé «qu’un petit nombre de groupes d'extrême droite étaient les plus organisés et probablement les plus efficaces», en ajoutant que «lors des affrontements avec la , les nationalistes étaient le plus souvent les plus forts et les plus violents».

«Les principes du national-socialisme sont populaires parmi certains d’entre nous…J’aime l’idée d’une seule nation. Une nation propre…Pas comme sous Hitler, mais à notre façon, un peu comme ça», a déclaré un membre du parti ukrainien Secteur droit au journaliste de la BBC, qui en a déduit que «l’influence de groupes d’extrême droite en Ukraine augmente».

En février, le leader de Secteur droit, Dmitry Yarosh, a avoué que les unités paramilitaires de son parti dans l’Est de l’Ukraine allaient poursuivre «une lutte active» en dépit de la conclusion du cessez-le-feu, étant donné que le mouvement radical n’a pas reconnu les accords de Minsk-2 conclus par l’Ukraine, la France, l’Allemagne et la Russie après 16 heures de négociations.

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