La Serbie explique son refus de s'associer aux sanctions «immorales et inefficaces» contre la Russie

Aleksandar Vucic© ELVIS BARUKCIC Source: AFP
Le président serbe Aleksandar Vucic (image d'illustration).
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Le président serbe Aleksandar Vucic a réitéré la position de Belgrade qui ne prendra pas de sanctions vis-à-vis de Moscou. Une position de «principe», que le chef d'Etat maintient en dépit des pressions et du «chantage» des occidentaux.

«Cela nous coûte beaucoup de ne pas avoir imposé de sanctions à la Russie. Mais si nous les imposions, cela nous coûterait notre principe de ne pas soutenir les sanctions contre qui que ce soit, car nous savons par notre propre expérience que les sanctions sont immorales et inefficaces», a déclaré le président serbe Aleksandar Vucic dans une interview accordée à Pink TV.

«Ils disent que je suis un traître. Un traître ? Le seul en Europe qui n'a pas imposé de sanctions à la Russie, et d'un si petit pays. Appelez-moi comme vous voulez, mais le peuple a montré ce qu'il pense [lors de l'élection]», a-t-il ajouté à l'attention de ses critiques. Aleksandar Vucic a été réélu dès le premier tour avec 59,55 % des voix début avril.

A plusieurs reprises, le président serbe a fait savoir que Belgrade subissait de fortes pressions et un «chantage» pour se joindre aux restrictions imposées à la Russie à la suite du lancement de l'opération militaire russe en Ukraine. «Si je voulais devenir le héros numéro un du monde, il suffirait de dire quelque chose contre [Vladimir] Poutine, et tout le monde me donnerait des prix et m'appellerait le plus grand démocrate du monde», a-t-il ironisé. Le chef d'Etat a également souligné que l'interdiction du pétrole et du gaz en provenance de Russie paralyserait l'économie serbe : «Au quotidien, nous devons prendre des décisions qui profitent aux citoyens de Serbie.»

Aleksandar Vucic a en outre accusé Kiev et un Etat de l'UE non identifié d'une série de fausses alertes à la bombe sur les avions de ligne d'Air Serbia. Plus d'une douzaine d'avions ont été contraints de retourner à Belgrade ou à Moscou, tandis que d'autres vols ont été retardés, et l'aéroport de Belgrade a été évacué au moins trois fois au cours des dernières semaines. «Les services [de renseignement] étrangers de deux pays font cela. L'un est un pays de l'UE, et l'Ukraine en est un autre», a-t-il accusé.

Les alertes à la bombe ont commencé après le refus de la Serbie de soutenir une interdiction européenne des vols russes. «Nous maintenons ces vols, littéralement par principe, car nous voulons montrer que nous sommes un pays libre et que nous prenons nos propres décisions. Ne décidez pas pour nous quand il faut annuler des vols», a déclaré le président serbe.

«Avez-vous annulé vos vols lorsque 19 pays bombardaient la Serbie ? Au moins 30 pays – des Etats membres de l'OTAN – aident maintenant [l'Ukraine]. Personne ne nous a aidés lorsque nous avons été attaqués par les 19 pays les plus puissants», a-t-il ajouté, faisant référence au bombardement de la Yougoslavie par l'OTAN en 1999.

La Russie a entamé son offensive militaire en Ukraine le 24 février dernier à la suite de l'incapacité de l'Ukraine à appliquer les termes des accords de Minsk, et en déclarant vouloir porter secours aux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk dont elle avait reconnu l'indépendance deux jours plus tôt. Une invasion immédiatement condamnée par une bonne partie des pays occidentaux et entraînant l'adoption de sanctions contre la Russie.

La «dénazification» de l'Ukraine est également un objectif affiché par Moscou. Fin mars, la Défense russe a affirmé que tous les objectifs de la «première phase» de cette opération militaire avaient été atteints et qu'elle allait concentrer les «principaux efforts» de ses forces armées sur la «libération du Donbass».

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