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L'armée russe a-t-elle bombardé la mosquée de Marioupol ? L'allégation ukrainienne mise en cause

Les combats qui se déroulent à Marioupol font l'objet de récits contradictoires. La récente allégation de Kiev, selon laquelle la mosquée Souleiman y aurait été bombardée par les Russes, a ainsi été démentie par le responsable de ce lieu de culte.

Alors que le ministère ukrainien des Affaires étrangères a affirmé le 12 mars que la mosquée Souleiman de Marioupol (qui abritait plus de 80 civils dont des Turcs et, parmi eux, des enfants), avait été bombardée le jour-même par «les envahisseurs russes», l'information s'est ensuite heurtée au témoignage du chef de l'Association de ce lieu de culte, présent sur place.

«La Russie n'a pas touché la mosquée. Une roquette est tombée quelque part à 700 mètres de la mosquée. Un quartier situé à deux kilomètres [...] a également été bombardé [de] 6 heures du matin jusqu'au soir», a-t-il en effet témoigné auprès de la presse turque.

Selon l'AFP, il a en outre expliqué que son association avait déjà tenté à quatre reprises d'évacuer des ressortissants turcs sur place en formant un convoi, mais que «les Russes ne les [avaient] pas laissés passer aux barrages». «Nous allons tenter une cinquième fois», a-t-il ajouté, toujours selon l'AFP, précisant disposer de deux bus pour procéder aux évacuations.

Le ministère turc des Affaires étrangères, contacté par l'AFP, a affirmé «ne pas avoir d'information» sur la situation. Ankara a ainsi appelé la Russie à l'aide pour évacuer ses citoyens coincés dans la ville assiégée de Marioupol en Ukraine. «Nous avons appelé hier [le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov] et nous lui avons demandé son aide pour l'évacuation de nos citoyens», a annoncé ce 13 mars le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu devant la presse.

Des couloirs humanitaires qui ont du mal à voir le jour

Pour rappel, située dans le sud-est de l'Ukraine, la ville de Marioupol est le théâtre d'intenses combats entre d'une part l'armée russe au côté de forces que Kiev décrit comme des «séparatistes prorusses» ; et d'autre part, l'armée ukrainienne ainsi que des bataillons décrits par Moscou comme des «nationalistes ukrainiens».

Dans le cadre de ces combats, l'armée russe a annoncé à plusieurs reprises l'ouverture de couloirs humanitaires et l'instauration d'un cessez-le-feu pour évacuer les populations civiles. Mais ces initiatives se sont pour l'heure heurtées à des refus du côté des autorités ukrainiennes. «Ce n’est pas une option acceptable», avait par exemple réagi le 7 mars le vice-Premier ministre ukrainien Iryna Verechtchouk. «[Ces civils] n’iront pas en Biélorussie pour ensuite prendre l’avion et aller en Russie», avait-elle alors ajouté. Kiev avait de son côté mis en place d'autres couloirs humanitaires, et les deux parties se sont mutuellement accusées d'avoir violé ces dispositifs. 

Ce n'est pas la première fois que les hostilités sur place donnent lieu à des versions contradictoires. L'épisode des frappes russes sur la maternité de Marioupol en est le dernier exemple en date.