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L'Allemagne achètera «un avion de combat américain», déplore le patron de Dassault Aviation

PDG de l'avionneur français, Eric Trappier s'est félicité de l'augmentation du budget de la défense annoncé par les autorités allemandes, mais a regretté qu'il y ait «une préférence américaine» en Europe dans le domaine de l'armement.

Invité sur BFM Business le 7 mars, le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier est revenu sur l'Europe de la défense et sur les relations complexes qu'entretiennent la France et l'Allemagne à ce sujet.  

A ce titre, il a estimé que la décision prise par Berlin d'investir 100 milliards dans leur défense était «une bonne nouvelle» et «un rattrapage de ce que [les Allemands] auraient dû faire depuis longtemps».

Une des premières décisions qui sera prise par cette nouvelle coalition [au pouvoir en Allemagne] sera d'acheter un avion de combat américain

La journaliste lui a alors demandé si les autorités allemandes «disent toujours qu'ils vont acheter des avions américains, les fameux F-35», ce à quoi le chef d'entreprise a répondu en ces termes : «Je crois qu'ils l'ont écrit, qu'ils l'ont redit [...] une des premières décisions qui sera prise par cette nouvelle coalition ce sera d'acheter un avion de combat américain, selon mon bon principe qu'en Europe il y a une préférence américaine.»

Eric Trappier a ensuite rappelé les bons chiffres de Dassault Aviation, avec une commande de 49 avions de combat Rafale 2021. Un carnet de commandes auquel viendront s'ajouter en 2022 celles passées par les Emirats arabes unis et l'Indonésie.

Plus largement, le dirigeant s'est également exprimé sur l'Europe de la défense, en estimant qu'elle «[allait] se faire», mais qu'il n'y a à ce jour toujours pas d'accord pour le programme du programme SCAF (Système de combat aérien du futur), en mettant en avant des «divergence d'intérêts» avec Airbus.

«Il y aura des plans B si jamais la situation ne se dénoue pas», a-t-il mis en garde sans donner plus de détails. «Si vous n'arrivez pas à avancer d'un côté, vous passez par un un autre côté [...] avec un autre partenaire, ou tout seul, ou sur un autre sujet», a expliqué Eric Trappier.