Chili : les députés ouvrent la voie à une procédure de destitution du chef de l'Etat

- Avec AFP

Chili : les députés ouvrent la voie à une procédure de destitution du chef de l'Etat© Esteban Felix Source: AP
Le président chilien Sebastian Piñera arrive au palais de La Moneda à Santiago au Chili le 8 novembre 2021 (image d'illustration).
Suivez RT France surTelegram

Les députés chiliens ont autorisé le 9 novembre l'enclenchement d'une procédure de destitution de Sebastian Pinera, accusé d'avoir vendu une compagnie minière par le biais d'un paradis fiscal. Une révélation des Pandora Papers.

Les députés chiliens ont donné le 9 novembre leur feu vert à une procédure de destitution du président Sebastian Pinera. Le président chilien est accusé d'avoir facilité la vente controversée d'une compagnie minière, conclue dans un paradis fiscal. L'affaire avait été révélée par l'enquête internationale des Pandora Papers.

Après ce vote de la chambre basse du parlement, contrôlée par l'opposition (83 des 155 sièges), c'est au tour du Sénat de se prononcer, à la majorité – difficile à obtenir – des deux tiers, avant les élections du 21 novembre durant lesquelles un nouveau président sera élu et le Parlement renouvelé.

«Il a agi en cherchant son bénéfice personnel et celui de sa propre famille, utilisant des informations auxquelles il avait accès grâce à ses fonctions présidentielles», a dénoncé lors d'un débat entamé dans la matinée du 8 novembre le député socialiste Jaime Naranjo, qui s'est exprimé pendant 15 heures lisant un texte de 1 300 pages et appelant à «en finir avec l'impunité». «Je vous en prie, messieurs les députés, rejetez cette accusation constitutionnelle injuste et irrecevable», a de son côté déclaré l'avocat du chef de l'Etat, Jorge Galvez.

La présidence a réagi dans un communiqué, déclarant espérer que «le Sénat rejette[rait] l'accusation portée» contre Sebastian Piñera qu'elle a qualifiée d'«injuste» et «sans fondement dans les faits ou en droit». L'opposition chilienne avait demandé le 13 octobre au Parlement la destitution du président dans cette affaire pour laquelle une enquête pénale a été ouverte. 

Sebastian Pinera, un des dirigeants politiques apparaissant dans les Pandora Papers, du nom de l'enquête réalisée par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), a démenti tout conflit d'intérêts dans la vente de la compagnie minière à un ami proche et clame sa «totale innocence». Le président conservateur, un des hommes les plus riches du Chili, estime qu'il y a déjà eu en 2017 «une enquête approfondie du ministère public» et que c'est «une affaire close pour la justice».

A l'ouverture de l'enquête pénale début octobre, le parquet avait toutefois fait valoir que les faits liés à la vente et à l'achat de la société minière «n'étaient pas expressément inclus» dans la décision de non-lieu de 2017. 

Le projet minier prévoit la construction d'un port à proximité d'une réserve naturelle abritant des espèces protégées

Selon une enquête réalisée par les médias chiliens CIPER et LaBot, membres de l'ICIJ, la compagnie minière Minera Dominga a été vendue à l'homme d'affaires Carlos Alberto Délano, un ami du chef de l'Etat, pour 152 millions de dollars, une transaction opérée aux îles Vierges britanniques.

Le paiement de la transaction devait être effectué en trois versements et contenait une clause controversée qui subordonnait le dernier paiement à la condition qu'«une zone de protection environnementale ne soit pas établie sur la zone d'exploitation de la société minière, comme le demandent des groupes écologistes». D'après l'enquête, la zone où l'exploitation minière était prévue n'a pas été protégée, et le troisième paiement a bien été effectué.

Pour le député Tomas Hirsch (Action humaniste, gauche), le président chilien a «ainsi empêché qu'une zone unique au monde soit déclarée réserve naturelle, dans le seul but de favoriser ses intérêts personnels».

Ce projet d'exploitation à ciel ouvert de cuivre et de fer dans le désert d'Atacama (nord), toujours en attente d'une décision de la Cour suprême après des recours, prévoit aussi la construction d'un port de chargement de minerais à proximité d'une réserve nationale abritant des manchots de Humboldt, une espèce menacée qui ne niche qu'au Chili et au Pérou. Début août, une commission d'évaluation environnementale avait approuvé le projet malgré les protestations des défenseurs de l'environnement, mais doit encore recevoir l'aval en Conseil des ministres.

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram

En cliquant sur "Tout Accepter" vous consentez au traitement par RT France de certaines données personnelles stockées sur votre terminal (telles que les adresses IP, les données de navigation, les données d'utilisation ou de géolocalisation ou bien encore les interactions avec les réseaux sociaux ainsi que les données nécessaires pour pouvoir utiliser les espaces commentaires de notre service).

En cliquant sur "Tout Refuser", seuls les cookies/traceurs techniques (strictement limités au fonctionnement du site ou à la mesure d’audiences) seront déposés et lus sur votre terminal. "Tout Refuser" ne vous permet pas d’activer l’option commentaires de nos services.

Pour activer l’option vous permettant de laisser des commentaires sur notre service, veuillez accepter le dépôt des cookies/traceurs « réseaux sociaux », soit en cliquant sur « Tout accepter », soit via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Vous pouvez modifier vos choix via la rubrique «Paramétrer vos choix».

OK

RT France utilise des cookies pour exploiter et améliorer ses services.

Vous pouvez exprimer vos choix en cliquant sur «Tout accepter», «Tout refuser» , et/ou les modifier à tout moment via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Pour en savoir plus sur vos droits et nos pratiques en matière de cookies, consultez notre «Politique de Confidentialité»

Tout AccepterTout refuserParamétrer vos choix