«Une attaque sans précédent sur la liberté d'expression» durant la pandémie de Covid, estime Amnesty

- Avec AFP

«Une attaque sans précédent sur la liberté d'expression» durant la pandémie de Covid, estime Amnesty© Carlos JASS Source: Reuters
Le logo d'Amnesty International lors d'une conférence de presse à Caracas, au Venezuela, le 20 février 2019 (image d'illustration)
Suivez RT France surTelegram

Un rapport d'Amnesty dénonce l'utilisation de la pandémie par certains gouvernements pour restreindre la liberté d'expression. Si la Chine ou la Russie sont pointées du doigt, d'autres pays, comme l'Australie, semble passer sous les radars de l'ONG.

De nombreux gouvernements à travers le monde ont profité de la pandémie de coronavirus pour mettre en place des entraves «sans précédent» à la liberté d'expression et faire taire les critiques : c'est la conclusion que dresse Amnesty International dans un rapport publié le 19 octobre.

L'organisation de défense des droits humains a souligné que, combinées à une vague de désinformations, ces mesures répressives ont souvent empêché les populations d'avoir accès à des informations exactes sur le virus, pourtant indispensables pour leur permettre d'y faire face dès l'émergence de la pandémie début 2020.

Des réseaux sociaux [ont été] censurés [...] des journalistes et des professionnels de santé ont été réduits au silence et emprisonnés

«Tout au long de la pandémie, des gouvernements ont lancé une attaque sans précédent sur la liberté d'expression», a déclaré dans un communiqué Rajat Khosla, un responsable d'Amnesty International.

«Des canaux de communication ont été pris pour cibles, des réseaux sociaux censurés et des organes de presse fermés», a-t-il précisé, en ajoutant que «des journalistes et des professionnels de santé ont été réduits au silence et emprisonnés».

L'Australie dans l'angle mort ?

Pour Amnesty, le manque d'informations résultant a constitué un facteur aggravant le bilan de la pandémie, qui approche les cinq millions de morts. Si le phénomène décrit est global, le rapport s'attarde sur certains gouvernements.

L'ONG cite notamment le cas de la Chine, où plus de 5 000 enquêtes pénales avaient été ouvertes en février 2020 contre des personnes accusées de «fabriquer et volontairement répandre des informations fausses et préjudiciables» sur la nature et l'étendue de l'épidémie.

En Tanzanie, le gouvernement de l'ancien président John Magufuli – qui n'a cessé de minimiser l'impact du coronavirus et refusé de prendre des mesures pour endiguer la pandémie – a eu recours à des lois interdisant et punissant les «fausses informations» pour restreindre notamment l'activité des médias.

Au Nicaragua, les autorités ont adopté une législation visant à lutter contre la cybercriminalité, qui leur permet en fait de «punir ceux qui critiquent les politiques du gouvernement» et de «réprimer la liberté d'expression».

Amnesty pointe en outre du doigt une loi en Russie sanctionnant sévèrement la diffusion de fausses informations relatives au coronavirus, estimant que cette mesure risque fort de rester en place une fois la pandémie terminée.

Parmi les pays dont l'action est pointée du doigt par Amnesty figurent pêle-mêle Cuba, le Venezuela, le Brésil, la Serbie, la Thaïlande, l'Ouzbékistan ou encore, entre autres, les pays du Golfe. Le gouvernement français échappe pour sa part à cette liste.

Par ailleurs, certains pays semblent passer sous le radar de l'ONG comme par exemple l'Australie, qui, dans le cadre de sa stratégie sanitaire, a pris des mesures parmi les plus liberticides au monde telles que des amendes ou des arrestations prévues pour les citoyens appelant à manifester contre ces mesures, mais ne figure pourtant pas dans la liste.

Outre les gouvernements, l'ONG basée à Londres a critiqué les plateformes numériques, qui n'en font pas assez selon elle pour lutter contre la désinformation. Tout cela «rend de plus en plus difficile pour des personnes de se faire une opinion totalement informée et de faire des choix en connaissance de cause sur leur santé», a-t-elle souligné. Une information exacte est pourtant «cruciale», selon elle, pour «réduire l'hésitation vaccinale».

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram
En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»