Australie : un homme interrogé chez lui par la police après un post Facebook anti-confinement

Australie : un homme interrogé chez lui par la police après un post Facebook anti-confinement© William WEST Source: AFP
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Des policiers à Melbourne, le 30 septembre 2021 (image d'illustration).
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Munis de captures d'écran, des policiers sont allés interroger un homme à son domicile pour savoir s'il avait manifesté six mois auparavant. L'application des restrictions fait de plus en plus débat après la démission fracassante d'un policier.

L'Australie serait-elle en train de devenir un Etat policier ? Alors que ce 11 octobre, les confinements commencent à être progressivement levés – sous conditions – des images toujours plus perturbantes en provenance du pays se font jour sur les réseaux sociaux. 

Dernier exemple en date : une vidéo très partagée le 10 octobre, où deux policiers se rendent chez un homme (dont la localisation précise est inconnue) pour tenter de savoir s'il a participé à une manifestation anti-confinement. Avec un méthode d'interrogation toute droit sortie des plus effrayants romans d'anticipation.

«Vous êtes d'accord que vous avez posté des messages sur Facebook ? Est-ce que cela vous dit quelque chose ?», demande ainsi une policière en sortant la photocopie d'un message où est écrit «votre gouvernement ne se soucie pas de vous» sur la photo d'une manifestation. L'individu répond par l'affirmative, et la policière enchaîne : «La question qui se pose est la suivante : y étiez-vous ?»

Incrédule, le «suspect» pouffe de rire devant l'absurdité de voir la police se présenter à sa porte pour lui demander s'il a participé à une manifestation six mois auparavant. «Où en êtes-vous de votre vie ? Vous venez sur le pas de ma porte pour savoir si j'ai participé à une manifestation ? Il y a six mois ? Qui en a quelque chose à foutre ?», réplique-t-il sidéré. «Parce que c'est illégal», insiste la policière, ignorant l'incongruité apparente de la situation.

C'est clairement politique. [...] Qu'est-ce que vous faîtes les gars ? Qui servez-vous ?

L'individu lui fait alors remarquer qu'il y avait eu des manifestations du mouvement Black Lives Matters quelques semaines avant : «Est-ce que c'était illégal, est-ce que vous allez frapper à leur porte ?» «Peut-être...», lance-t-elle visiblement décontenancée. «Non vous ne le ferez pas. C'est clairement politique. Pourquoi est-ce que vous travaillez pour ce gouvernement corrompu. Qu'est-ce que vous faîtes les gars ? Qui servez-vous ? Nous ou le gouvernement et les dirigeants corrompus ?», s'emporte-t-il alors, dénonçant ce qu'il considère être une méthode d'intimidation.

Silencieux depuis le début de la confrontation, l'autre policier le coupe alors d'un glaçant : «Est-ce que vous y étiez ?»

Aussi surprenant – et terrifiant – qu'il apparaisse, cet incident ne semple pourtant pas isolé. Fin septembre, le site d'information RealClear Politics rapportait ainsi un événement similaire, lorsque trois policiers avaient rendu visite à un homme sous le prétexte d'effectuer une «vérification de bien-être» [welfare check]. A cette occasion, ils lui avaient demandé s'il avait l'intention de manifester, s'il avait déjà participé à des manifestations par le passé, ou... s'il connaissait quelqu'un qui avait l'intention de manifester.

«Tous mes amis qui sont agents de police souffrent tous les jours d'appliquer des règles auxquelles ils ne croient pas»

Depuis le début de la crise sanitaire, l’Australie qui visait une stratégie «zéro Covid» n’a cessé de mettre en place des mesures de restrictions des libertés draconiennes, parmi les plus sévères – si ce n’est les plus sévères – au monde. Mais leur application fait débat jusqu'au sein des forces de l'ordre. Après 16 ans de service dans la police de l'Etat de Victoria, le sergent Krystle Mitchell vient ainsi de quitter ses fonctions, expliquant pourquoi dans une interview explosive : «Tous mes amis qui sont agents de police souffrent tous les jours d'appliquer des règles auxquelles la vaste majorité – ou certainement une grande majorité –  ne croient pas et qu'ils ne veulent pas appliquer.»

«La façon dont nous faisons du maintien de l'ordre a désormais complètement changé», déplore encore Krystle Mitchell dans cet entretien, dénonçant les atteintes des autorités depuis le début de l'épidémie «aux libertés quotidiennes et au droit de simplement vivre librement dans une société démocratique». Ce qui a eu pour conséquence de mener à une dégradation graduelle des relations entre la police et la communauté : «Je ne sais pas si l'organisation est vraiment consciente de l'ampleur du préjudice qu'elle a subi sur sa réputation en raison de la manière dont nous avons appliqué les directives du CHO [les autorités sanitaires].»

La police de Victoria a rapidement réagi à cette interview, soulignant dans un communiqué qu'il ne lui revenait pas de choisir les lois à appliquer, édictées selon elle pour répondre à un impératif sanitaire. «Nous reconnaissons que cela a été une période extrêmement difficile pour tous les Victoriens qui ont dû renoncer à tant de choses. Tout comme la communauté, la police de Victoria attend avec impatience l'assouplissement des restrictions et le retour éventuel à la vie d'avant le Covid», conclut le communiqué.

Le terme «éventuel» est bel et bien de rigueur : même si les confinements commencent à être levés, le Premier ministre Scott Morrison a fait savoir fin septembre que certaines restrictions «de bon sens» – comme le port du masque ou le pass sanitaire – resteraient en vigueur au motif que les Australiens devaient apprendre à «vivre avec le virus». Et se préparer à recevoir une visite de la police en cas de faux pas ?

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