Un hôpital syrien touché par des bombes russes ? Les médias occidentaux créent leur propre réalité

© Rodi Said Source: Reuters

Le 21 octobre, les médias occidentaux ont parlé d'une frappe aérienne russe ayant touché un hôpital de campagne syrien qui aurait tué 13 personnes. RT a essayé de voir comment les médias ont interprété cette situation.

Les médias internationaux affirment de nouveau qu'une frappe de la campagne aérienne russe contre le terrorisme a tué des civils en Syrie. Le 21 octobre, la respectée Agence France Presse (AFP) a relaté la mort des 13 personnes «dans un raid russe». Les autres médias ont publié cette nouvelle en se référant à cette dépêche de l’AFP. Les chaînes de télévision ont suivi leur exemple. «Les frappes aériennes semblent avoir touché les civils», a déclaré un combattant sur les ondes de la chaîne américaine CNN. «Nous sommes ici pour bloquer l’occupation russe et iranienne», a confié à CNN un autre combattant syrien.

Capture d'écran du site AFP
Capture d'écran du site AFP

Capture d'écran du site Europe 1
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Capture d'écran du site BFMTV
Capture d'écran du site BFMTV

Capture d'écran du site L'Express
Capture d'écran du site L'Express

Mais qui est à l’origine de cette information ? Les médias se réfèrent à l’Observatoire syrien des droits de l’homme basé à Londres, qui est en fait dirigé par un seul homme, Rami Abdul Rahman, depuis la Grande-Bretagne. Il affirme se baser sur des sources parmi les rebelles.

«Je connais tous les militants travaillant pour l’Observatoire syrien des droits de l’homme», a confié Rami Abdul Rahman à RT. Mais, comme il l'a reconnu lui-même, la dernière fois qu'il s'est rendu en Syrie, c'était en 2000. «Je connais certains activistes à travers des amis communs», a-t-il justifié.

Les sources fiables sur le terrain dont il parle s'avèrent être le groupe de rebelles «Casques blancs» qui a diffusé sur internet la vidéo d'une explosion qui aurait touché un hôpital syrien dans la province d’Idleb.

Ce groupe a déjà été pris en défaut pour avoir falsifié des éléments de preuve attributant des morts des civils syriens à des frappes russes. Ainsi, le 30 septembre, date du début de l’opération militaire russe en Syrie, ce groupe avait publié un tweet signalant qu’une «frappe aérienne russe a tué 33 civils, dont trois enfants». Le tweet était même accompagné d'une photo datant du 25 septembre, soit cinq jours avant le début de la campagne russe.

La vidéo publiée par «Casques blancs» montre une explosion et des gens qui s'enfuient. Le groupe affirme que la scène a eu lieu près de la localité de Sarmine. Mais le ministère russe de la Défense a annoncé que les drones russes avaient filmé une réunion de combattants à cet endroit. «Le bombardier SU-34 a effectué une frappe chirurgicale avec une bombe guidée KAB-500 qui a détruit l’objet et tout ce qu'il contenait», indique le communiqué du ministère russe de la Défense, qui a même publié une vidéo de cette frappe.

Des experts ont confirmé qu’il était impossible de filmer l'explosion d'une bombe aérienne de 500 kg d’explosifs et de rester sain et sauf, ce qui est pourtant le cas des images diffusées par «Casques blancs». «Cela ne ressemblait pas à une bombe aérienne larguée depuis un avion. Il semble plutôt qu'il s'agisse d'un tir d'artillerie», a confié à RT Michal Maloof, ancien analyste politique du ministère américain de la Défense.

Si l’on regarde la vidéo du ministère russe de la Défense, on peut voir un nuage en forme de champignon après l’explosion. Et dans la vidéo publiée par «Casques blancs», le caméraman s'éloigne tout simplement à travers un petit nuage de fumée.

 En savoir plus : Une guerre d’information ? La Russie accusée du meurtre de civils en Syrie

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