Alger dénonce l'attitude de Paris sur le dossier des essais nucléaires dans le Sahara

Alger dénonce l'attitude de Paris sur le dossier des essais nucléaires dans le Sahara© FAYEZ NURELDINE Source: AFP
Deux personnes marchent près de l'entrée du site d'essais de bombes nucléaires à Ain Ekra à 2000 km au sud d'Alger, le 25 février 2010.
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Le 4 juillet, le ministre algérien des Moudjahidines (anciens combattants) a affirmé que la France refusait de remettre les «cartes topographiques» permettant de déterminer la localisation «des déchets polluants, radioactifs ou chimiques».

Le 4 juillet, à la veille du 59e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, le ministre algérien des Moudjahidines (anciens combattants) Tayeb Zitouni a dénoncé le refus de la France de remettre aux autorités du pays «les cartes topographiques qui permettent de déterminer les lieux d'enfouissement des déchets polluants, radioactifs ou chimiques non-découverts à ce jour». 

La partie française n'a mené techniquement aucune initiative en vue de dépolluer les sites et la France n'a fait aucun acte humanitaire en vue de dédommager les victimes

La France a procédé à 17 essais nucléaires dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966, sur les sites de Reggane puis d'In Ekker. 11 d'entre eux, tous souterrains, ont été effectués après les accords d'Evian de mars 1962 qui mettait un terme à la guerre d'Algérie, une clause permettant néanmoins à la France d'utiliser les sites jusqu'en 1967. 

«La partie française n'a mené techniquement aucune initiative en vue de dépolluer les sites et la France n'a fait aucun acte humanitaire en vue de dédommager les victimes», a par ailleurs déploré le ministre algérien lors d'un entretien à l'agence de presse algérienne (APS) portant sur l'avancement du dossier mémoriel entre les deux pays. Pour le ministre, les essais nucléaires français effectués dans le Sahara constituent «d'irréfutables preuves des crimes perpétrés, dont les radiations continuent d'affecter l'homme et l'environnement».

Malgré ce point de blocage entre les deux parties, Tayeb Zitouni a estimé que la question mémorielle était «traitée avec sérieux et pondération loin des reliquats du colonialisme» et souligné qu'à ce titre, les relations algéro-françaises avaient «connu, ces derniers temps, un progrès remarquable».

Depuis les recommandations mémorielles de l'historien Benjamin Stora, dont le rapport demeure néanmoins critiqué en Algérie parce qu'il ne préconise pas d'«excuses» de Paris, Emmanuel Macron a effectué des actes politiques pour tenter d'apaiser cette relation, comme par exemple la reconnaissance de l'assassinat d'un militant indépendantiste, ou encore une ouverture des archives françaises de la période de la guerre. Mais à l'image du dossier sur les essais nucléaires, le contentieux mémoriel n'est pas totalement réglé.

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