Merkel prête à soutenir la Turquie dans son processus d’adhésion à l’UE

Angela Merkel et Ahmet Davutoglu Source: Reuters
Angela Merkel et Ahmet Davutoglu

Lors de la conférence de presse consécutive aux négociations avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, la chancelière allemande a parlé des relations entre la Turquie et l’UE en se disant prête à soutenir Ankara dans son processus d’adhésion.

Merkel veut rendre le processus de l’adhésion de la Turquie à l’UE «plus dynamique» et entamer des négociations dans les domaines de l’économie et de la politique monétaire. Les autres questions seront débattues plus tard, d’après la chancelière.

Pour sa part, la Turquie travaillera avec l’Allemagne sur le problème des réfugiés. Mais Merkel ne se fait pas d’illusions sur ce point : «La Turquie veut qu’on lui accrédite des moyens supplémentaires, et je le comprends. L’Allemagne soumettra sa contribution».

En outre, l’Allemagne aidera la Turquie dans le domaine des visas pour les habitants turcs, a annoncé Merkel. De son côté, Ankara se dit prêt à admettre de nouveau les réfugiés qui sont entrés dans l’UE via la Turquie. Mais Davutoglu veut que cet accord soit mis en œuvre en 2016 une fois aboli le régime de visas pour la zone Schengen.

«En ce qui concerne la libéralisation du régime de visas, nous allons discuter ces possibilités spécifiques au sein de groupes de travail germano-turcs», a indiqué la chancelière allemande. L’Allemagne s’est dite prête à aider Ankara à atteindre les standards nécessaires et les exigences européennes.

Le plan d’action commun

Vendredi, l’UE et la Turquie se sont accordées sur «un plan d’action» qui pourrait rapporter à Ankara jusqu’à 3 milliards d’euros, des visas privilégiés et l’ouverture de nouvelles négociations sur son adhésion à l'UE contre son aide pour endiguer l’afflux des migrants.

Ce plan prévoit notamment, selon Bruxelles, de nouvelles discussions portant sur la candidature de la Turquie à l'UE, un accès facilité aux visas pour les citoyens turcs et une aide financière. En contrepartie, la Turquie accepterait d'accueillir davantage de réfugiés et de renforcer la surveillance des frontières et la lutte contre les réseaux de passeurs, a précisé la Commission.

A la suite de la présentation de ce plan, le président turc Recep Tayyip Erdogan a visiblement décidé de ne pas mettre de gants : il a ainsi raillé la présence d’Angela Merkel sur la liste des potentiels récipiendaires du prix Nobel pour sa politique envers les réfugiés. «Certains disent "on va accepter 30 000, 40 000 réfugiés" et après, pour une raison qui m'échappe, on les présente comme des candidats au Nobel», a déclaré le président turc dont le pays reçoit vraisemblablement bien plus de réfugiés.

Soutenir les réfugiés devient dangereux en Allemagne

Ce samedi, une candidate à la mairie de Cologne, Henriette Reker, a été la cible d'une attaque à l'arme blanche sur un marché où elle faisait campagne. L'agresseur serait un homme d'une quarantaine d'années qui aurait signalé avoir «commis cet acte pour des motivations racistes», selon la police allemande. 

Reker était l’une des favorites aux élections municipales de Cologne et se montrait très impliquée dans l'aide aux réfugiés. La candidate, indépendante, bénéficiait du soutien de l'Union chrétienne-démocrate, le parti d'Angela Merkel. C'est d'ailleurs à un stand de ce parti qu'a eu lieu l'agression.

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