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Russie : Alexeï Navalny examiné par un médecin à l'hôpital, son état jugé «satisfaisant»

L'homme politique russe, actuellement en grève de la faim, a été transféré à l'hôpital, selon les services pénitentiaires. Ceux-ci précisent que son état de santé est jugé «satisfaisant» et qu'il est examiné quotidiennement par un médecin.

Ce 19 avril, le Service pénitentiaire de la région de Vladimir a annoncé dans un communiqué que, sur décision d'une commission de médecins, Alexeï Navalny avait été transféré dans l’hôpital régional pour les condamnés.

Navalny vu quotidiennement par un médecin

La même source a précisé que l'état de santé d'Alexeï Navalny avait été jugé «satisfaisant» et qu'il était examiné quotidiennement par un médecin généraliste. Il s'est notamment vu prescrire, avec son consentement, un traitement à base de vitamines.

Incarcéré pour violation des conditions d'une peine avec sursis, Alexeï Navalny s'est mis en grève de la faim le 31 mars. L'opposant accuse notamment les autorités pénitentiaires de ne pas le laisser consulter un médecin, de ne pas lui fournir de médicaments, et de le priver de sommeil. 

Une version des faits qui avait été démentie dans la foulée par les services pénitentiaires russes, selon qui «Alexeï Navalny bénéficie de tous les soins médicaux nécessaires conformément aux indications médicales le concernant», et a droit, comme tous les autres condamnés, «à un sommeil ininterrompu de huit heures». 

Quelques jours plus tard, le journal russe Izvestia rapportait qu'Alexeï Navalny avait été transféré dans une unité médicale car il montrait des «signes d'une maladie respiratoire, notamment une forte fièvre». «Toutes les analyses nécessaires ont été effectuées, y compris un test d'infection au coronavirus. Le détenu a été transféré à l'unité médicale où il est en observation», rapportait également Izvestia, citant les services pénitentiaires.

Cela n'a pas empêché plusieurs médecins proches de Navalny d'exiger de le voir immédiatement, affirmant qu'il pouvait avoir un arrêt cardiaque «d'une minute à l'autre», comme l'a rapporté l'AFP le 17 avril.

Une affaire au cœur des agendas diplomatiques

Alexey Navalny a été reconnu coupable de multiples violations des conditions du contrôle judiciaire exigé par une peine avec sursis, prononcée contre lui en 2014. Il ne s'est pas présenté à l'enregistrement auprès de l’inspection pénitentiaire à au moins six reprises au cours de l'année 2020 – le 13 janvier, le 27 janvier, le 3 février, le 16 mars, le 6 juillet et le 17 août.

Alexeï Navalny a par ailleurs été au cœur de l'attention médiatique ces derniers mois, après avoir été transféré dans le coma en Allemagne fin août 2020 à la suite d'un malaise survenu en Russie. Il accuse le Kremlin d'avoir tenté de l'empoisonner (une version également défendue par plusieurs gouvernements, dont ceux de la France, des Etats-Unis et de l'Allemagne), ce que réfute Moscou. Il était sorti de l'hôpital sans séquelles, avant de rejoindre la Russie en janvier 2021.

Plus récemment, alors que la tension est à nouveau montée d'un cran entre les chancelleries occidentales et Moscou sur plusieurs dossiers, l'affaire Navalny s'invite à nouveau dans les divers agendas diplomatiques. 

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a par exemple appelé ce 18 avril à la libération du citoyen russe – une position considérée par Moscou comme de l'ingérence dans ses affaires intérieures –, estimant que des «mesures» devaient être prises pour assurer son «intégrité physique».

Le très médiatique cas Navalny doit par ailleurs être abordé lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ce 19 avril.