Espagne: nouvelles échauffourées à Barcelone pour protester contre l'arrestation d'un rappeur

Le 27 février, une manifestation a eu lieu à Barcelone en soutien au rappeur Pablo Hasél, condamné et emprisonné pour des tweets hostiles à la monarchie et aux forces de l'ordre.

Fourgonnette de police incendiée, poubelles en feu et pillages: onze jours après l'arrestation en Espagne du rappeur Pablo Hasél, les manifestations ne faiblissaient pas à Barcelone, et un nouveau rassemblement a dégénéré samedi en affrontements avec la police.

La manifestation, dont le mot d'ordre était "Lluitar, crear poder popular" ("combattre, créer du pouvoir populaire" en catalan), se tenait notamment en soutien au rappeur condamné et emprisonné pour des tweets attaquant la monarchie et les forces de l'ordre, mais portait globalement d'autres revendications sociales.

Plusieurs centaines participants ont défilé derrière une large banderole annonçant "Jusqu'à ce qu'ils tombent. Rien à perdre. Tout à gagner", selon un journaliste de l'AFP.

"Le cas de Pablo révèle juste que nous vivons dans un Etat fasciste (...) qu'il faut se battre et qu'il s'agit d'un violation des droits fondamentaux", a déclaré à l'AFP Adria, un musicien de 26 ans venu manifester et qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

"Qui suis-je pour juger de ce qu'il met dans ses paroles. Mais qu'ils le condamnent pour ça me paraît une atteinte à la liberté d'expression", a affirmé Barbar Salazar, un médecin de 36 ans.

Le rassemblement a dégénéré en début de soirée, donnant lieu à des actes de vandalisme et au saccage d'agences bancaires dont l'une a été incendiée.

Vitrines brisées, façades taguées et jets de cocktail Molotov dont l'un a brûlé un fourgon de police, plusieurs "émeutiers encapuchonnés" s'en sont pris, selon plusieurs tweets de la police catalane "aux commerces, et en particulier aux banques" qui a confirmé qu'un de ses véhicules était avait été brûlé, tout comme de nombreuses poubelles ou conteneurs.

Au moins dix personnes ont été arrêtées au cours de ces affrontements, a indiqué la police catalane sur Twitter, dont l'une est "impliquée dans l'incendie de la camionnette".

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a jugé dans un tweet "inacceptables les actes de vandalisme et de violence qui ont secoué cette nuit Barcelone", apportant tout son "soutien" à la police.

Depuis la mi février, plus de 110 manifestants ont été arrêtés dans cette région du nord-est, selon la police.

Pablo Hasél, 32 ans, a été condamné à neuf mois de prison pour apologie du terrorisme, pour avoir traité le roi Juan Carlos Ier de "mafieux", fait l'éloge de personnes impliquées dans des attaques et accusé la police d'avoir tué et torturé des migrants et des manifestants.

Son arrestation le 16 février dans des circonstances assez spectaculaires au sein de l'université de Lérida, où il était barricadé avec des sympathisants voulant empêcher son arrestation, a entraîné des protestations marquées par des incidents dans plusieurs autres villes d'Espagne comme Madrid, Valence et Grenade.

A Barcelone où cette fronde sociale est la plus marquée, de violentes manifestations viennent quasi quotidiennement dénoncer le taux de chômage des jeunes record au niveau de l'Union européenne (40,2%), la précarité, ou encore la hausse des loyers.

L'emprisonnement de Pablo Hasél a également relancé le débat sur la liberté d'expression en Espagne et renforcé les divergences au sein de la coalition gouvernementale entre les socialistes du président Pedro Sanchez et le parti Podemos (gauche radicale) qui soutient les manifestations.

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