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Le Drian réclame des «actes» à la Turquie à l'approche du Conseil européen

Le ministre français des Affaires étrangères a demandé «des actes» à Ankara avant la tenue le mois prochain d'un Conseil européen qui pourrait décider de sanctions contre la Turquie. Il a néanmoins noté des «déclarations apaisantes» côté turc.

Paris attend «des actes» de la part de la Turquie en amont du Conseil européen de décembre, qui abordera la question de nouvelles sanctions contre Ankara, a déclaré le 22 novembre 2020 le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

«Il ne suffit pas que depuis deux ou trois jours, on constate des déclarations apaisantes de la part du président [Recep Tayyip] Erdogan, il faut des actes», a-t-il souligné dans l'émission Le Grand jury RTL, Le Figaro, LCI, alors que le dirigeant turc avait appelé la veille l'Union européenne au dialogue.

Parmi ces actes attendus, «il y en a qui sont simples à faire en Méditerranée orientale, en Libye. Il y en a aussi qui sont simples à faire au Haut-Karabagh», a-t-il affirmé.

«Nous avons beaucoup de désaccords» avec Ankara, a rappelé le chef de la diplomatie française en citant la «volonté expansionniste» d'Ankara, une «politique du fait accompli» en Libye, en Irak et en Méditerranée orientale, «où ils agressent de fait deux pays membres de l'Union européenne, la Grèce et Chypre», ou encore au Haut-Karabagh «où ils envoient aussi des mercenaires syriens».

Des sanctions à venir ?

«L'Union européenne a annoncé au mois d'octobre qu'elle vérifierait la posture de la Turquie sur ces différents sujets au moment du Conseil européen de décembre, dans quelques jours. C'est à ce moment-là qu'on va vérifier les engagements», a-t-il conclu.

La Turquie a prorogé le 21 novembre, jusqu'au 29 novembre, la mission de l'Oruç Reis dans une zone maritime qu'elle se dispute avec la Grèce, la découverte de vastes gisements gaziers y aiguisant les appétits. La présence de ce navire suscite depuis plusieurs mois des tensions avec l'UE qui a reconduit ce mois-ci pour un an des sanctions contre Ankara et envisage de les durcir.

Le même jour, dans une allocution au congrès de son parti AKP, Recep Tayyip Erdogan a déclaré souhaiter «une coopération plus forte avec nos amis et alliés» européens. «Nous ne nous voyons pas ailleurs qu'en Europe. Nous envisageons de bâtir notre avenir ensemble avec l'Europe», a assuré le dirigeant islamo-conservateur.