Affaire Hunter Biden : «Pas une campagne de désinformation russe» selon le renseignement américain

Affaire Hunter Biden : «Pas une campagne de désinformation russe» selon le renseignement américain© Andrew Harnik / POOL Source: AFP
Le directeur du renseignement national américain, John Ratcliffe, témoigne devant la commission sénatoriale du renseignement à Washington DC, le 5 mai 2020 (image d'illustration).

Alors que les démocrates entretiennent l'idée que le Kremlin serait derrière la révélation des e-mails du fils de Joe Biden, le directeur du renseignement national américain a apporté un démenti catégorique : ce n'est «tout simplement pas vrai».

Les révélations fracassantes – et potentiellement compromettantes – contenues dans les e-mails présumés d'Hunter Biden, le fils du candidat démocrate Joe Biden, n'en finissent pas de faire des remous outre-Atlantique. Pour s'en dépêtrer, le Parti démocrate, en la personne du président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants Adam Schiff, tente d'en attribuer la responsabilité... à Moscou.

Une ficelle si grosse, qu'une fois n'est pas coutume, le renseignement américain a tenu à apporter un démenti catégorique. Invité le 19 octobre par la chaîne conservatrice Fox Business, le directeur du renseignement national américain John Ratcliffe – qui supervise les 17 agences de renseignement des Etats-Unis – a ainsi mis les points sur les i. «C'est drôle que certaines des personnes qui se plaignent le plus de la politisation du renseignement soient celles qui politisent le renseignement», a commenté John Ratcliffe en début d'interview à l'intention d'Adam Schiff.

Il n'existe pas de renseignement qui appuie cela

Interrogé sur la possibilité que la Russie soit derrière ces révélations explosives, le directeur du renseignement national américain a répondu : «Malheureusement, c'est Adam Schiff qui a déclaré que la communauté du renseignement pensait que l'ordinateur portable de Hunter Biden et les e-mails qu'il contenait faisaient partie d'une campagne de désinformation russe.»  Et de poursuivre : «Permettez-moi d'être clair : la communauté du renseignement ne le croit pas, car il n'existe pas de renseignement qui appuie cela. Et nous n'avons partagé aucune information avec Adam Schiff, ni aucun membre du Congrès.»

John Ratcliffe a ajouté que les allégations du président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants n'étaient «tout simplement pas vraies». «L'ordinateur portable de Hunter Biden ne fait pas partie d'une campagne de désinformation russe», a-t-il martelé, mettant ainsi à mal la ligne de défense du camp démocrate.

Un ordinateur oublié chez un réparateur du Delaware

Le 16 octobre sur CNN, Adam Schiff avait laissé entendre que les e-mails retrouvés sur l'ordinateur portable de Hunter Biden feraient partie d'une campagne de diffamation à l'égard du candidat démocrate à la présidentielle américaine et de désinformation provenant «du Kremlin». «Nous savons que toute cette diffamation sur Joe Biden vient du Kremlin», avait lancé l'élu de Californie avant d'ajouter : «Cela est clair que depuis plus d'un an maintenant qu'ils [les Russes] mettent en avant ce faux récit sur l'ancien vice-président et son fils.»

Une version qui ressemble davantage à un acte désespéré pour détourner l'attention sur le contenu des e-mails – dont personne n'a par ailleurs contesté l'authenticité – qu'à une ligne de défense sérieuse. Comme l'a indiqué le New York Post qui a révélé les e-mails, ainsi que l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, qui y a également eu accès, ils proviennent d'un réparateur d'ordinateur du Delaware. Le réparateur en question, John Paul Mac Isaac, a expliqué que l'ordinateur qui appartiendrait à Hunter Biden avait été déposé à son magasin pour réparation, mais que personne n'était venu le récupérer. Après avoir découvert des informations potentiellement compromettantes sur celui-ci, John Paul Mac Isaac affirme avoir fourni une copie du disque dur au FBI, puis face à l'inaction de l'agence, à l'ancien maire de New York, qui est un proche de Donald Trump.

Le contenu des e-mails échangés viendrait notamment appuyer les accusations de corruption visant Joe Biden pour son action en Ukraine. Ils révèlent que son fils Hunter, nommé au conseil de surveillance du groupe gazier ukrainien Burisma Holdings, aurait permis à un dirigeant du groupe d'obtenir un rendez-vous avec le vice-président. Joe Biden est par ailleurs soupçonné d'avoir conditionné une aide financière à l'Ukraine d'un milliard de dollars au renvoi du procureur ukrainien Viktor Chokine. Ce dernier enquêtait alors sur une affaire de corruption concernant le groupe gazier ukrainien. Une accusation qui lui colle à la peau, puisqu'il s'est vanté publiquement d'avoir fait pression pour que Viktor Chokine soit renvoyé.

La résurgence de cette affaire à quelques jours seulement de l'élection présidentielle est en tout état de cause du pain béni pour le locataire de la Maison Blanche, qui ne se prive pas d'en faire un argument électoral : «L'ordinateur portable de Hunter Biden est un désastre pour toute la famille Biden, mais surtout pour son père, Joe. C'est maintenant un fait avéré, qui ne peut être nié, que toutes ces informations sont la vraie affaire. Cela rend impossible pour Joe «50% ou 10%» d'assumer la fonction de président !»

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