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Caracas invite l'ONU et l'UE à envoyer des observateurs à l'occasion des prochaines législatives

Au lendemain de l'amnistie accordée par Nicolas Maduro à une centaine d'opposants, le gouvernement vénézuélien a invité l'ONU et l'UE à envoyer des observateurs dans le cadre des élections législatives prévues en décembre 2020.

Le gouvernement vénézuélien a annoncé le 2 septembre avoir écrit à António Guterres, secrétaire général de l'ONU, ainsi qu'à Josep Borrell, chef de la diplomatie de l'UE, afin de les inviter à envoyer des observateurs pour les élections législatives du pays prévues le 6 décembre 2020. «Je partage la lettre [où sont] décrites les larges garanties pour les élections parlementaires et la confirmation d'une invitation destinée à l'ONU et l'UE pour l'accompagnement et l'observation électorale en décembre», a écrit sur Twitter le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Jorge Arreaza.

Evoquant un cadre de garanties issu d'un «intense processus de dialogue», incluant notamment «des ajustements» au calendrier pour favoriser la participation, cette invitation a eu lieu au lendemain de l'amnistie accordée par Nicolas Maduro à une centaine d'opposants, dont certains avaient été accusés d'être un lien entre Juan Guaido et des organisations narco-paramilitaires étrangères.

«Accepter l’amnistie présidentielle, c'est reconnaître le président Nicolas Maduro comme légitime, et cela place l'Union européenne devant ses contradictions puisqu'elle avait fait de la libération de certains prisonniers un préambule nécessaire à la reconnaissance des prochaines élections parlementaires», analyse à ce sujet Romain Migus, journaliste spécialisé sur l'Amérique latine, et fondateur du site d'information les2rives.info.

A l'approche des élections législatives vénézuéliennes qu'une partie de l'opposition a d'ores et déjà appelé à boycotter, cette invitation envoyée à l'ONU et à l'UE intervient dans le contexte d'une inimitié constante entre le gouvernement chaviste et ses détracteurs, parmi lesquels l'administration américaine qui, pour l'heure, soutient invariablement Juan Guaido, à l'origine de la vaine tentative de soulèvement militaire d'avril 2019 afin de renverser le pouvoir en place.

La vie politique du Venezuela fait l'objet de critiques régulières émanant de la communauté internationale, au sein de laquelle plusieurs chancelleries accablent le président élu Nicolas Maduro de reproches quant à l'existence d'irrégularités électorales. Et ce, en dépit des mécanismes fonctionnels reconnus dans la Constitution vénézuélienne, qui caractérisent l'appareil démocratique du pays, notamment avec l'existence d'un «pouvoir électoral» en plus des pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire et moral, ainsi que l'expliquait le journaliste Romain Migus, dans une analyse à ce sujet parue sur RT France en janvier 2019

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