Elections grecques : légère avance de Tsipras dans un climat d'incertitude

De nombreux grecs sont fatigués pas l'enchaînement incessant d'élection. le taux de participation pourrait être inférieur à celui des élections précédentes © Alkis Konstantinidis Source: Reuters
De nombreux grecs sont fatigués pas l'enchaînement incessant d'élection. le taux de participation pourrait être inférieur à celui des élections précédentes

Les sondages placent le parti Syriza de l'ex-Premier ministre juste devant ses rivaux conservateurs mais dans tous les cas, le résultat est peu susceptible de changer la situation compliquée de la Grèce.

Les derniers sondages montrent que le Premier ministre sortant, Alexis Tsipras du parti de gauche Syriza, a un point ou deux d'avance sur son rival de centre-droit, Vangelis Meimarakis du parti Nouvelle démocratie, mais aucun des deux ne devrait obtenir de majorité absolue.

Tous deux ont déjà accepté de mettre en œuvre les conditions difficiles du dernier plan de sauvetage de 86 milliards d'euros et auront ainsi, s'ils sont élus, la même liste de tâche complexe à mettre en oeuvre : refonte radicale de l'économie en ruine du pays, des retraites, des systèmes de santé et fiscal.

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Alexis Tsipras a évoqué à plusieurs reprises une possible collaboration avec le parti Nouvelle démocratie, une option que Vangelis Meimarakis a accueillie positivement. Les créanciers de la Grèce ont laissé entendre qu'ils seraient en faveur d'une «grande coalition» nécessaire pour mettre en œuvre les réformes liées au plan de sauvetage.

Mais derrière cette entente de façade, Syriza et Nouvelle démocratie restent en profond désaccord sur plusieurs questions clés, notamment sur la libéralisation du marché du travail grec, la négociation collective et l'immigration.

Vangelis Meimarakis a déclaré à ses partisans qu'Alexis Tsipras avait tenu de «fausses promesses» en assurant aux grecs qu'il mettrait fin aux mesures d'austérité qui ont provoqué un affaissement de l'économie grecque et qui ont mis au chômage près de 26% de la population active. 

Dans son dernier meeting de campagne, Alexis Tsipras a déclaré qu'une victoire de Syriza montrera «si l'ancien système qui a gouverné durant 40 ans fera son retour ou si nous ferons un pas en avant». Pour lui, les électeurs doivent «dire non à la corruption et non à la mise en place de l'oligarchie».

Cette élection est la cinquième que connaît le pays depuis six ans. En janvier dernier, Alexis Tsipras avait été élu grace à ses promesses d'«éradiquer» l'austérité, mais après des mois de négociations brutales, avec la mise en place du contrôle des flux de capitaux et la menace d'une sortie de la zone euro, le Premier ministre a été contraint d'opérer un changement de cap à 180 degrés.

Un grand nombre des partisans du Premier ministre sortant se sont sentis trahis après que son gouvernement a accepté le dernier plan de sauvetage en date. Une option contre laquelle le peuple s'était exprimé à 60% lors du référendum de juillet.

Le troisième parti grec des ultranationalistes Aube Dorée, bien que largement derrière Syriza et Nouvelle démocratie, est tout de même crédité de 7% d'intentions de vote et compte bien surfer sur la vague migratoire pour recueillir un maximum de voix. 

«Si le gouvernement ne peut pas garder les frontières, qu'il s'en aille», lançait ainsi le leader du parti, Nikos Michaloliakos lors d'un meeting à Athènes qui a rassemblé plus de 500 personnes. Sous des slogans tels que «La Grèce aux grecs» et «Dehors les étrangers !», l'homme a réclamé une protection des frontières par l'armée.   

9,8 millions de Grecs doivent maintenant se rendre dans les bureaux de vote. Mais les Grecs étant pour beaucoup fatigués par l'enchaînement des différents scrutins le taux de participation de ces élections législatives anticipées pourrait être bien inférieur aux 64% enregistés lors de celles de janvier. 

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