La stratégie américaine de lutte contre l’Etat islamique en Syrie tournée au ridicule par le Sénat

Le général Lloyd Austin, chef du CentCom© Lucas Jackson Source: Reuters
Le général Lloyd Austin, chef du CentCom

Le chef des forces américaines au Moyen-Orient a confessé, mercredi, devant le Sénat, son incapacité à constituer une force militaire syrienne crédible pour lutter contre le terrorisme. C'est peu dire qu'il n'a pas convaincu.

Il a passé un mauvais quart d’heure. Lloyd J. Austin, patron du commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) était auditionné, aujourd’hui, par la commission du Sénat chargée des forces armées à propos de la campagne contre Daesh. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ses propos n’ont pas convaincu le président de la commission, le républicain John McCain.

Le haut gradé a dû confessé que seuls «quatre ou cinq» combattants syriens formés par les Etats-Unis combattaient actuellement sur le terrain. Nous sommes bien loin de l’objectif de 5 000, initialement annoncé par le Pentagone en début d’année. Seuls 54 combattants ont été formés jusqu'à maintenant et la plupart d'entre eux ont été attaqués par un groupe lié à Al-Qaïda dès leur arrivée en Syrie.

Une centaine de combattants seulement sont actuellement en cours de formation, selon les chiffres fournis par une responsable du Pentagone, Christine Wormuth.

Ce chiffre ridiculement bas est en mettre en rapport avec le coût estimé du programme. Pas moins de 500 millions de dollars. De quoi en énerver certains. Kelly Ayotte, sénatrice républicaine, a qualifié ces résultats de «blague». «Un échec total» pour son collègue Jeff Sessions.

Le problème «n'est pas que nous ne fassions rien contre le groupe Etat islamique», a tonné, de son côté, le sénateur John McCain. «C'est qu'il n'y a pas de raison évidente de croire que tout ce que nous faisons actuellement sera suffisant».

En parallèle de celui du Pentagone, la CIA anime un programme clandestin d'entraînement de rebelles en Syrie.

Obama dans l’oeil du cyclone

Pour rappel, le sénateur McCain et une partie des républicains poussent l'administration Obama à davantage engager l'armée américaine dans le combat contre le groupe EI. Le sénateur de l'Arizona est par exemple partisan d'envoyer des forces spéciales américaines sur le terrain pour guider les frappes des avions de la coalition.

Mais l'administration Obama s'en tient fermement à son objectif de ne pas déployer de soldats américains sur le terrain. Les opérations terrestres doivent être laissées à la charge exclusive des forces locales, appuyées par des frappes aériennes de la coalition, estime-t-elle.

Cela tombe d’autant plus mal pour le locataire de la Maison Blanche que l'audition intervient alors que des spécialistes américains du renseignement se sont plaints d'avoir vu leurs rapports sur la guerre contre l’organisation djihadiste enjolivés.

Le Département de la Défense a ainsi confirmé qu'une enquête avait été lancée pour savoir si des responsables militaires avaient volontairement «embelli» ou édulcoré les résultats de la guerre menée contre l'Etat islamique.

En savoir plus: Etats-Unis, des rapports de renseignement sur la lutte contre Daesh falsifiés

Des résultats plus probants en Irak

Le général Austin a bien tenté de se défendre. Il a rappelé les chiffres nettement plus flatteurs du programme de formation et d'équipement des troupes irakiennes.

«Aujourd'hui, près de 13.000 soldats irakiens» ont été formés, et «plus de 3.000 sont en cours de formation», a-t-il indiqué.

Pour améliorer le programme syrien, Washington a clairement indiqué que les futurs combattants devraient se battre contre le groupe EI, et non contre le régime de Bachar al-Assad, un repoussoir pour nombre de combattants.

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