International

Dans le collimateur de la justice, l’opposant Guillaume Soro annule son retour en Côte d'Ivoire

Attendu le 23 décembre à Abidjan, Guillaume Soro a finalement atterri au Ghana. Selon ses proches, le candidat à la présidentielle ivoirienne a été empêché de rentrer dans son pays où il est accusé de «tentative d’atteinte à l’autorité de l’Etat».

L’avion de l’opposant ivoirien Guillaume Soro n’a pas atterri comme prévu le 23 décembre à Abidjan, mais à Accra, capitale du Ghana. Selon son bras droit, Alain Lobognon, le candidat déclaré à la présidentielle ivoirienne d'octobre 2020 a été «empêché» de gagner Abidjan après six mois d’absence. Une version contestée par une source proche de la présidence ivoirienne citée par l’AFP : selon elle, Guillaume Soro a décidé d’atterrir sur Accra afin d’éviter une «arrestation à l'arrivée».

«Tentative d’atteinte à l’autorité de l’Etat et à l’intégrité du territoire national»

Si Guillaume Soro ne s’est pas encore publiquement exprimé sur l’annulation de son retour en Côte d’Ivoire, celle-ci serait motivée par la décision, adoptée le jour même par la justice ivoirienne, d’émettre à son encontre un mandat d’arrêt international.

L'ancien président de l'Assemblée nationale ivoirienne est accusé de «tentative d’atteinte à l’autorité de l’Etat et à l’intégrité du territoire national». Des chefs d’accusation rendus publics à la télévision ivoirienne par le procureur de la République d’Abidjan, Richard Adou. Guillaume Soro est en outre visé par une information judiciaire pour «détournement de deniers publics, recel et blanchiment de capitaux portant sur la somme de 1,5 milliard de francs CFA [2,25 millions d’euros]».

Guillaume Soro a été un des principaux alliés du président sortant, Alassane Ouattara, qu'il a contribué à porter au pouvoir en 2011, lorsqu'il était à la tête de la rébellion. Il a ensuite été son Premier ministre, avant d'occuper la présidence de l'Assemblée nationale jusqu'en février 2019. Mais la défiance s'est progressivement installée entre les deux hommes après que des mutineries ont éclaté en janvier et mai 2017, Guillaume Soro étant soupçonné par l'entourage du président ivoirien d'en être l'instigateur

Cette affaire judiciaire vient ajouter des tensions dans un contexte politique déjà électrique : Alassane Ouattara a annoncé début décembre qu'il n'écartait pas de se présenter à nouveau à la magistrature suprême dans le cas où ses rivaux, les anciens présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, se lanceraient également dans la course. 

Lire aussi : Côte d'Ivoire : Ouattara exhorte la jeunesse à rester au pays et donne en exemple... des exilés