Des Equatoriens pourront poursuivre Chevron au Canada pour ravage de la forêt amazonienne

La prix Nobel de la Paix, Rigoberta Menchu, montre les dégâts occasionnés par les rejets de pétrole dans la forêt équatorienne© Guillermo Granja Source: Reuters
La prix Nobel de la Paix, Rigoberta Menchu, montre les dégâts occasionnés par les rejets de pétrole dans la forêt équatorienne

C'est une grande victoire pour les autochtones et villageois lésés par la firme américaine: la Cour Suprême du Canada vient de reconnaître leur droit à demander réparation devant un tribunal de l'Ontario.

C'est précisément devant ce tribunal que les plaignants avaient déposé leur requête en réparation d'un préjudice qui n'avait pas été qu'écologique. Les rejets intempestifs de pétrole par Chevron en pleine nature avaient détruit en effet une partie de la forêt amazonienne de l'Equateur: des cas de cancers et de maladies dus à la pollution de l'eau s'étaient déclarés dans la population après l'exploitation pétrolière effectuée dans le pays entre 1964 et 1990 par la firme Texaco, rachetée par Chevron.

Cette décision de la Cour suprême vient conclure une longue saga judicaire pour faire reconnaître les droits des Equatoriens. 30 000 paysans, regroupés au sein du Front de défense de l'Amazonie, avaient obtenu, fin 2013 par la plus haute instance judiciare équatorienne, la condamnation de Chevron à une amende record de 9,5 milliards de dollars.

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Mais en mars 2014 cette décision avait été annulée pour irrégularités par la justice américaine. Selon le juge américain en charge de l'affaire, les plaignants avaient corrompu le juge équatorien ainsi que falsifié certaines preuves.

Mais les autochtones ne s'étaient pas avoués vaincus et avaient déposé recours sur recours devant la justice du Canada, où Chevron posséde des actifs. C'est précisément devant un tribunal ontarien qui a été déclaré compétent puisque la firme américaine possède une filiale dans cet Etat. 

La Cour Suprême canadienne n'a donc pas retenu l'argument selon lequel les actifs de la filiale canadienne ne seraient pas la propriété directe de Chevron, dont le siège social est établi en Californie.

Toute la question désormais est de savoir si la justice canadienne demandera effctivement le paiement de l'amende de 9,5 milliards de dollars à laquelle Chevron avait été condamné par la justice équatorienne.

Cette amende représente la plus forte dans l'histoire, dépassant même celle infligée à ExxonMobil pour la marée noire de l'Alaska en 1989, soit 4,5 milliards de dollars.

En 2014, le président équatorien Rafael Correa, avait lancé une campagne internationale de boycott des produits de Chevron, accusé d'être responsable d'un des pires désastres environnementaux de la planète.

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