La Bulgarie ferme son espace aérien aux vols d'approvisionnements russes vers la Syrie

Un homme sur les ruines d'un des arrondissements d'Alep, en Syrie Source: Reuters
Un homme sur les ruines d'un des arrondissements d'Alep, en Syrie

Les autorités bulgares ont refusé à la Russie la possibilité d’utiliser son espace aérien pour envoyer des avions cargo en Syrie en raison de doutes sur la nature des livraisons de Moscou, a fait savoir l’agence Reuters.

«Le ministère bulgare des Affaires étrangères a refusé les vols au-dessus de la Bulgarie des avions cargo militaires russes en direction de la Syrie», a déclaré la porte-parole de la diplomatie bulgare à Reuters, en ajoutant que la décision a été prise ces derniers jours.

«Nous avons assez d’informations pour avoir des doutes sérieux sur la nature de la cargaison de ces avions, ce qui constitue la base de ce refus», a ajouté la représentante, sans préciser le contenu ni la source de ces informations.

Plus tôt ce vendredi, le journal grec Kathimerini a annoncé que deux avions russes ont été détournés de leur itinéraire et contraints de passer par l’Iran suite au refus de la Bulgarie de survoler son territoire.

Ces nouvelles venant de Bulgarie arrivent au lendemain de la décision du ministère des Affaires étrangères de la Grèce d’autoriser les convois aériens d’aide humanitaire russe à la Syrie à passer par son espace aérien. La diplomatie grecque a en outre confirmé que c’était les Etats-Unis qui lui ont réclamé de fermer le passage aux avions russes.

La semaine dernière, certains médias occidentaux ont commencé à évoquer une prétendue présence militaire russe en Syrie et les avions et soldats que Moscou y aurait envoyé. La première publication à mentionner ces informations a été le journal israélien Ynet, en citant «des sources diplomatiques anonymes».

A y ajouter la récente déclaration de Vladimir Poutine à Vladivostok, qui, en répondant à une question de journalistes l’invitant à clarifier les intentions militaires de la Russie en Syrie, a indiqué «observer ce qui se passe pour l’instant, (…) mais il est trop tôt pour dire si nous sommes prêts à entrer en action». «Cependant, nous continuons à fournir à la Syrie un soutien significatif en ce qui concerne l’équipement, l’entraînement des troupes et les fournitures d’armes», a précisé le dirigeant russe, en citant les nombreux contrats conclus avec le gouvernement syrien depuis quelques années. Ces informations étaient connues depuis des années, mais ont été reprises par les médias internationaux de façon sensationnaliste comme la première reconnaissance de l’engagement militaire de Moscou dans la guerre civile en Syrie.

Damas a pourtant officiellement démenti, lundi soir, la présence de troupes ou d'activités militaires russes sur le sol syrien, après de nombreuses spéculations sur ce sujet. «Il n'y a absolument rien de vrai dans tout ce qui s'est dit ces derniers jours. Il n'y a pas de forces russes, et il n'y a pas d'activité militaire russe ni terrestre, ni maritime, ni aérienne sur notre territoire», a annoncé le ministre syrien de l'Information Omrane al-Zohbi, cité par l’AFP.

Dans une interview à RT, l’analyste américain en politique étrangère Derek Monroe a estimé que le battage médiatique autour de la «présence militaire russe en Syrie» a surtout affaire avec les prochains élections aux Etats-Unis. «En prenant un peu de recul, cela sert surtout à attirer l’attention du public qui va bientôt se rendre aux urnes», a-t-il estimé, en ajoutant que «malheureusement, les médias américains font toute une montagne de pas grand-chose».

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