Vers un nouveau report du Brexit ? «Dans l'état actuel des choses, c'est non», affirme Le Drian

Vers un nouveau report du Brexit ? «Dans l'état actuel des choses, c'est non», affirme Le Drian© ADRIANO MACHADO Source: Reuters
Jean-Yves Le Drian en juillet dernier au Brésil.

Le chef de la diplomatie française a écarté un nouveau report du Brexit dans «l'état actuel des choses» alors que Boris Johnson pourrait être contraint par le Parlement britannique à demander un nouveau délais à l'UE. Ce que lui-même refuse.

Alors que le Premier ministre britannique Boris Johnson, qui a perdu la majorité au Parlement sous le coup de plusieurs défections, multiplie les déclarations tonitruantes sur sa détermination à enclencher le Brexit, le 31 octobre, il a trouvé un écho favorable auprès... du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, qui n'entend pas non plus dépasser cette date butoir.

«Dans l'état actuel des choses, c'est non», a-t-il prévenu le 8 septembre, alors qu'il était interrogé dans l'émission politique Le Grand rendez-vous Europe1/CNEWS/Les Echos sur l'éventualité d'un nouveau report. Les Britanniques «disent qu'ils veulent proposer d'autres solutions, des arrangements alternatifs pour assurer le retrait [...] Nous ne les avons pas vus, donc c'est non, on ne va pas recommencer tous les trois mois», a insisté le ministre.

La partie de poker engagée depuis plus trois ans prend ainsi une nouvelle tournure. D'un côté, Boris Johnson souhaite se montrer inflexible pour garder la main dans les négociations avec l'Union européenne (UE), mais fait face à un Parlement qui n'est pas en accord avec sa stratégie. De l'autre, en se disant prête à un Brexit dur le 31 octobre, la diplomatie française attise les craintes des députés britanniques qui ne vont qu'amplifier la pression sur les épaules du Premier ministre pour éviter d'en arriver là.

Les députés puis les Lords ont d'ailleurs adopté une proposition de loi qui le contraint à repousser de trois mois la date de sortie, s'il ne trouve pas d'accord avec l'UE d'ici le 19 octobre, soit juste après le prochain Conseil européen des 17 et 18 octobre.

Boris Johnson ne veut pas du «report inutile de Corbyn»

Mais pour l'heure, le Premier ministre – qui a dit préféré «être mort au fond d'un fossé» plutôt que de reporter le Brexit – résiste, et semble n'avoir aucune intention de souscrire à ce qu'il qualifie de ce «report inutile de Corbyn [chef de file de l’opposition travailliste]».

Et contre-attaque, Boris Johnson souhaite demander une nouvelle fois aux députés britannique la tenue d'élections anticipées le 9 septembre pour résoudre la crise, bien que sa proposition ait peu de chance d'aboutir. 

De l'autre côté, plusieurs juristes consultés par la presse, mais aussi le Parti travailliste qui étudie la question, soutiennent que Boris Johnson risquerait des poursuites, voire la prison si il refusait de se conforter à la loi votée par le Parlement, même s'il est plus vraisemblable que ce dernier démissionne si ses recours n'aboutissaient pas avant la date butoir. «Bien sûr qu'il ne va pas enfreindre la loi», a tenu à rassurer le  ministre des Affaires étrangères Dominic Raab le 8 septembre sur SkyNews. «Ce que nous allons faire avec cette loi, c'est de vérifier très soigneusement ce qu'elle exige ou non», a-t-il avancé. 

Les derniers sondages montrent que le Parti conservateur mené par Boris Johnson arriverait en tête des scrutins en cas d'élections anticipées. Nigel Farage, le chef du parti du Brexit, a en outre fait savoir que sa formation politique ne chercherait pas à présenter de candidats contre les Tories si ces derniers font des engagement clairs sur la sortie de l'Union européenne.

Lire aussi : Brexit : Boris Johnson est-il vraiment dans le «déni de démocratie» ?

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