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Emoi et colère aux Etats-Unis après la noyade d'un père et sa fille migrants salvadoriens

La photographie des corps d'un homme et de sa fille en bas âge flottant après s'être noyés au bord du Rio Grande a provoqué une profonde indignation au Mexique, aux Etats-Unis et a fait le tour du monde.

La photographie des corps d'un père et de sa fille en bas âge gisant au bord du Rio Grande a provoqué le 26 juin l'émoi et la colère au Mexique et aux Etats-Unis, où des élus démocrates ont dénoncé la politique migratoire «inhumaine» de Donald Trump.

Le président américain a lui exprimé son «horreur» à la vue de la photographie, mais a montré du doigt ses adversaires démocrates qui veulent, selon lui, «des frontières ouvertes et cela veut dire des gens qui se noient».

Les corps sans vie d'Oscar Alberto Martinez, un Salvadorien de 25 ans, et de sa fillette âgée de 23 mois, ont été retrouvées le 24 juin sur la rive du Rio Grande, près de Matamoros, dans le nord-est du Mexique.

Selon les médias, il avait décidé la veille de traverser la frontière à la nage car le pont allant vers Brownsville, côté américain, était fermé.

Les corps devraient être rapatriés le 3 juillet au Salvador, selon les autorités locales. Tania Vanessa Avalos, 21 ans, veuve du jeune homme et mère de la petite fille, qui était avec eux pour la traversée, «est en état de choc. Elle est très jeune pour endurer autant de souffrances», selon un responsable mexicain cité par l'AFP.

Beto O'Rourke, ancien élu du Texas et candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020, a rendu le milliardaire républicain «responsable» de cette tragédie.

En «empêchant» les migrants de déposer des demandes d'asile aux postes-frontières, le gouvernement «force les familles à traverser entre ces postes, entraînant plus de souffrances et de morts», a-t-il ajouté.

Politique migratoire «inhumaine»

La sénatrice de Californie Kamala Harris, autre candidate démocrate pour 2020, a dénoncé la politique migratoire «inhumaine» du milliardaire républicain, la qualifiant de «tache sur notre conscience morale» alors que les migrants «fuient souvent la violence extrême».

Une autre prétendante à la Maison Blanche, Elizabeth Warren, a dénoncé cette politique lors d'une visite devant un centre privé de rétention pour mineurs près de Miami.

Les autorités américaines sont débordées depuis plusieurs mois face à des arrivées nombreuses de migrants originaires d'Amérique centrale. 

Certains déposent des demandes d'asile aux postes-frontières et doivent attendre au Mexique l'examen de leur dossier, ce qui peut durer plusieurs mois. D'autres choisissent de traverser illégalement la frontière, au péril de leur vie, pour se rendre aux autorités une fois aux Etats-Unis.

Pour la directrice de l'Unicef, Henrietta Fore, la mort d'Oscar Alberto Martinez et de sa fille sont un «rappel fort des dangers qui guettent les migrants tentant de rallier les Etats-Unis».

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