Associated Press fait un procès au ministère de la justice US pour accéder à des infos la concernant

Le ministère américain de la Justice© Capture d'écran du compte de Twitter
Le ministère américain de la Justice

AP accuse le ministère américain de la Justice d’aider le FBI en refusant de révéler les détails d’une affaire où ce dernier a envoyé le lien d’un faux article de l’agence à un suspect afin d’infecter son ordinateur avec un programme de surveillance.

«Le FBI a détourné le nom réputé d’Associated Press et créé une situation où notre crédibilité aurait pu être endommagée à grande échelle», a déclaré le conseiller général de l’agence de presse Karen Kaiser.

En 2014, l’agence d’informations a découvert que le FBI avait envoyé un lien sur un faux article d’AP à un garçon de 15 ans suspecté d’avoir lancé des alertes à la bombe dans une école secondaire à Washington. Ce lien aurait permis au FBI d’infecter l’ordinateur du suspect avec un programme de surveillance.

AP

Cette nouvelle a exaspéré AP, ainsi que beaucoup d’autres journalistes. L’avocat de l’agence et son conseiller général Karen Kaiser ont écrit : «Il est incorrect et incohérent pour la presse libre que le personnel du gouvernement se cache derrière le nom d’AP ou d’autres organisations de presse».

«Le FBI avait prévu que ce faux article ne servirait qu’à piéger une seule personne. Mais cette dernière aurait pu le reposter sur les réseaux sociaux en la partageant avec des milliers de gens, en notre nom, ce qui est une preuve de désinformation gouvernementale», ont-t-ils poursuivi.

AP affirme que son nom est une «propriété privée». Pour cette raison, l’agence de presse et le Comité des reporters pour la liberté de la presse ont demandé plusieurs fois au ministère de la Justice de rendre public les documents liés à cette affaire mais en vain. Maintenant le ministère devrait être cité à comparaître en justice et clarifier combien de fois, le FBI a profité de la réputation d’entreprises respectées dans ses opérations.

Qui a raison ?

L’ancienne employée du FBI, Coleen Rowley, a déclaré dans une interview accordée à RT qu’on allait assister à un processus long et intéressant car les deux parties vont tenter de justifier l’étendue de leurs droits.

«Si le FBI avait pris certaines précautions en matière de sécurité, leurs actions pourraient se justifier. Mais si il s’avère que cela se passait souvent, il est évident que cela devra s’arrêter», a-t-elle précisé.

Elle a aussi précisé que la direction d’AP avait fait le bon choix en décidant de porter plainte devant un tribunal parce que «les médias doivent obtenir la liberté de la presse» malgré le grave changement d’attitude à leur égard intervenu depuis une trentaine d’années.

«Depuis quelques temps, l’attitude envers la presse a changé. Le département de la Défense a déclaré que les journalistes auraient pu être des combattants de l’ennemi. Un professeur de droit a même écrit un article selon lequel les journalistes pourraient être ciblés comme les terroristes», a-t-elle conclu.

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