L'assassinat en direct de deux journalistes relance le débat sur le contrôle des armes aux USA

Etats-Unis © Jim Young Source: Reuters
Etats-Unis

La mort d’une journaliste et d’un caméraman a provoqué une forte émotion sur la toile. Les gens s’expriment contre le liberté avec laquelle il est possible d’utiliser des armes aux Etats-Unis. Mais tout le monde n’est pas d’accord.

L’attaque de l’équipe de télévision de la chaîne WDBJ7 filmée en direct dans un centre commercial de Virginie, viendra à coup sûr alimenter le débat qui anime la société américaine concernant la loi sur le contrôle de la vente d’armes. A l’heure actuelle, il est extrêmement facile de s’en procurer car la liberté d’acheter et de porter des armes est ancrée dans la Constitution américaine, le deuxième amendement pour être précis.

La question des vérifications des profils avant de délivrer des permis de port d'arme, notamment, est posée. Le tireur, Vester Lee Flanagan, connu professionnellement sous le nom de Bryce Williams, aurait faxé un communiqué à ABC News, dans lequel il précisait avoir obtenu une arme à feu pour procéder à l'attaque. «J'ai déposé une caution pour détenir une arme le 19 juin 2015», précise-t-il, soulignant que «l'attaque dans une église de Charleston a eu lieu le 17 juin».

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Les réseaux sociaux : «Combien de morts faut-il encore ?»

 

Les réseaux sociaux sont inondés par les déclarations enflammées faites à chaud. Les gens se sont prononcés pour l’interdiction de la vente et du libre port des armes, pointant du doigt la National Rifle Association, qui défend la libre circulation des armes aux Etats-Unis.

  

Pourquoi n'y a-t-il pas de contrôles des armes aux Etats-Unis ? Ce pays est construit sur un génocide.

Combien de morts faut-il encore ?

Renforcez le contrôle des armes aux Etats-Unis ! Je vous en prie ! 

Les hommes politiques réagissent 

Des personnalités politiques et télévisuelles ont également pris part au débat. Le présentateur de la chaîne MSNBC Christopher Hayes, par exemple, s'est interrogé sur l'impact de la vente d'armes sur les actes de violence outre-atlantique.

Le gouverneur (démocrate) de l'Etat de Virginie, Terry McAuliffe dans lequel s'est tenue l'attaque, s'est positionné comme un partisan d'un contrôle plus stricte des antécédents des demandeurs d'armes à feu, lors d'une interview donnée à WTOP. «Cela fait écho à ce que j'ai dit pendant longtemps : trop d'armes se retrouvent entre les mais de gens qui ne devraient pas y être autorisés. C'est pourquoi j'ai longtemps milité pour des contrôles plus strictes. Je suis propriétaire d'armes. Je suis un chasseur, mais vous savez, j'ai été moi-même l'objet d'un contrôle. Nous pouvons le faire, en Amérique, nous devons nous unifier sur la question. Il y a trop de violence liée aux armes à feu aux Etats-Unis.

L'opnion du gouverneur McAuliffe est partagée par le docteur Jeffrey Swanson, professeur de psychiatrie et de sciences du comportement à l'université Duke. Ce dernier suggère une approche plus ciblée dans la délivrance des permis de port d'armes. «Une histoire basée sur la violence est un indicateur beaucoup plus fort que le futur va être violent que le facteur de la maladie mentale», a-t-il précisé à RT. «Il y a de récents changements dans la loi qui pourraient permettre de saisir les armes des individus qui risquent de représenter un danger pour les autres».

«Nous ne vivrons jamais dans un monde exempt d'individus prêts à faire du mal aux autres ou à eux-même, de personnes perturbées, ou en colère. Mais nous devrions vivre dans un monde dans lequel ces gens n'ont pas un accès si facile à une technologie aussi efficace pour tuer que les armes à feu», conclue le professeur.

«Ce ne sont pas les armes qui tuent, ce sont les gens en colère»

Mais les Américains ne sont pas unanimes sur cette question. L’ancien lieutenant-colonel des Forces aériennes des Etats-Unis, Karen Kwiatkowski, a déclaré dans une interview accordée à RT que «ce ne sont pas les armes qui tuent, ce sont les gens méchants».

«Les armes ne tuent pas les gens, ce sont les êtres humaines méchants et malavisés qui tuent les gens. Dans ce cas particulier, la personne dans la vidéo qui tient un pistolet était très proche de sa victime et donc, cet assassinat aurait pu être commis avec n’importe quelle arme ou presque. Je sais que le gouverneur, les médias vont utiliser cela comme une raison de limiter les ventes d’armes, mais je vous le redis : les armes ne tuent pas les gens, ce sont les gens en colère», a-t-elle précisé. 

En savoir plus : RT a trouvé la chaîne de Youtube du tueur Bryce Williams

Obama met le Congrès devant ses résponsabilités

Le porte-parole de la Maison Blanche a expliqué ne pas avoir eu l'occasion de s'entretenir avec Barak Obama depuis l'attaque de mercredi matin. «Il y a des choses dictées par le bon sens que seul le Congrès est capable de faire et qui auraient un effet tangible sur la violence liée aux armes à feu dans ce pays», a-t-il affirmé.

La maison Blanche a déclaré que la fusillade était «un autre exemple de la violence armée qui devenait de plus en plus ordinaire dans les communautés, grandes ou petites, des Etats-Unis». Son porte-parole Josh Earnest a précisé que «le Congrès pourrait prendre des mesures qui n'iraient pas à l'encontre des droits constitutionnels des Américains».

Néanmoins, on attend les paroles du président qui avait promis en 2008 et en 2011, lors de ses campagnes électorales, de réduire la menace que représente le nombre d’armes en libre circulation dans le pays mais qui n’a encore rien fait sur cette question.

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