Qui a vraiment mis feu à un convoi humanitaire à la frontière colombo-vénézuélienne ? (VIDEO)

Qui a vraiment mis feu à un convoi humanitaire à la frontière colombo-vénézuélienne ? (VIDEO)© Edgard Garrido Source: Reuters
Un convoi humanitaire calciné, le 23 février 2019, à la frontière colombiano-vénézuélienne.

Washington a affirmé que les forces vénézuéliennes avaient mis le feu à un convoi humanitaire, mais, selon le New York Times, un des camions en question aurait pu être incendié «accidentellement» par des opposants à Maduro.

Le 23 février, des violences ont éclaté à la frontière colombiano-vénézuélienne alors que des camions tentaient de forcer le passage vers le Venezuela, dans le but d'y acheminer une aide humanitaire réclamée par le président par intérim autoproclamé et opposant Juan Guaido. Parmi les images de cette journée qui retiennent l'attention de la presse internationale, celles d'un camion incendié ont été largement commentées.

Ce 10 mars, le New York Times a affirmé que «l'opposition elle-même, et non pas des hommes de monsieur Maduro, sembl[ai]ent avoir mis feu à la cargaison accidentellement». Pour appuyer son analyse, le quotidien a publié une vidéo mettant en avant (à partir de 1min50) ce qui l'a amené à cette conclusion.

L'origine de l'incendie avait rapidement fait l'objet de diverses suspicions. De fait, la version aujourd'hui mise en avant par le New York Times n'est autre que celle avancée par le journaliste indépendant Max Blumenthal. Dès le 24 février, celui-ci avait publié une vidéo qui, selon lui, «semble montrer le moment où un [opposant à Nicolas Maduro] jette un cocktail Molotov sur un camion».

A l'inverse, présent sur place, un journaliste de la chaîne colombienne NTN24, avait affirmé que les flammes avaient été provoquées par l’explosion d’une «grenade lacrymogène» lancée par les forces de l'ordre vénézuéliennes.

Au-delà de la sphère médiatique, l'événement avait été commenté par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui dénonçait à cette occasion le refus de Nicolas Maduro de faire arriver de l'aide humanitaire dans son pays. «Quel genre de tyran malade s'oppose à l'arrivée de nourriture pour des gens affamés ?», s'était alors indigné le secrétaire d'Etat, le 24 février, publiant une photographie du camion calciné. Le diplomate avait ensuite annoncé que les Etats-Unis allaient «passer aux actes» contre «ceux qui s'oppos[ai]ent à un retour paisible de la démocratie au Venezuela».

Et le 28 février, le secrétariat d'Etat américain diffusait une vidéo sur son compte Twitter en espagnol, affirmant sans ambages : «L'ordre de Maduro d'incendier des camions remplis d'aide humanitaire est inacceptable.»

Une affirmation qui s'avère, au vu du fact-checking du New York Times notamment, quelque peu précipitée.

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