Des parlementaires, des employés du Vatican et de l’ONU utilisaient le site adultère Ashley Madison

Capture d'écran de ashleymadison.com
Capture d'écran de ashleymadison.com

Des hackers ont publié sur le dark web 9,7 Go de données personnelles des 37 millions de clients du site canadien de rencontres extra-conjugales «Ashley Madison».

Nom, âge, adresse, numéros de téléphone et de cartes de crédit donnés par les membres ainsi que leurs préférences sexuelles figurent parmi les 9,7 Go de données du site canadien mises en ligne et auxquelles ont peu accéder via des services Torrent.

Ashley Madison se définit comme «le leader mondial des rencontres extraconjugales discrètes», annonce le slogan en page d’accueil du site. Mais il est désormais possible de connaître les noms de ses adeptes. Selon les profils d’utilisateurs publiés, près de 15 000 adresses .mil – l’adresse officielle des forces militaires des Etats-Unis – ou .gov – les adresses utilisés par le gouvernement américain ont été recensées. On y trouve également des banquiers, des casques-bleus de l’ONU ou encore des employés du Vatican.

Des experts en sécurité redoutent que la publication de ces données puisse non seulement détruire des mariages, mais aussi exposer certaines personnes à des tentatives de chantage. Sur DailyOnline, une fonctionnaire qui a trouvé son nom sur la liste des 130 employés de l’Etat britannique publié par les hackers se dit ainsi «complètement désespérée». «Je suis mariée et je n’aurais jamais fait quelque chose de semblable. Quelqu’un de malveillant a dû faire ça. Je ne savais pas que j’avais des ennemis», a-t-elle ajouté.

D’autres personnes plus résignées reconnaissent être touchées par cet incident, comme, par exemple, un membre du gouvernement irlandais, qui a affirmé, qu’il était marié mais «curieux» en ce qui concerne les rencontres féminines. «Je me suis enregistré avec l’intention d’utiliser [ce service] mais je n’ai pas réussi à y accéder à cause des restrictions du bureau», a-t-il indiqué.

Enfin, ceux que les obstacles techniques ou moraux n’arrêtent pas, ont désormais la possibilité de faire connaître leurs préférences sexuelles à tout le monde. Avec «un appétit sexuel trop difficile à rassasier», un banquier qui travaillerait pour Bank of America a besoin de «quelqu’un qui aime les plaisirs pervers, les films érotiques et se déguiser».

Même s’il avait garanti l’anonymat à ses clients, le site Ashley Madison a été victime d’un piratage informatique au mois de juillet. Il disposait pourtant d’une procédure d’élimination des données personnelles des usagers, qui devaient toutefois s’acquitter de 15 livres pour en bénéficier. Mais la plupart ont été trahis par leur carte de crédit.

«Les usagers ont presque toujours payé avec leur carte de crédit et du coup, les données de la transaction restaient disponibles, les noms et les adresses réelles étaient alors conservés même s’ils constituaient l’information la plus importante que les usagers souhaitaient supprimer», ont expliqué les hackers.

Le propriétaire du site, l’ancien juriste Noel Biderman, surnommé «le roi de l’infidélité», père de deux enfants et qui a créé ce projet avec sa femme Amanda, a estimé que ce piratage était l’un des plus sérieux de l’histoire d’internet. Il a caractérisé cet incident d’«acte criminel» et a affirmé qu’il coopérait très étroitement avec la police pour retrouver les hackers. «Nous n’allons pas rester sans rien faire et nous ne permettrons pas à ces voleurs d’imposer leur propre idéologie aux citoyens partout dans le monde», a-t-il précisé dans un communiqué. Pour lui, son site aide des gens – des hommes en particulier, qui constituent la majorité de ses clients – à sauver leur mariage. «Si les gens ont des liaisons, c’est parce qu’ils veulent rester mariés», a-t-il expliqué. 

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