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Le chef de la diplomatie polonaise égratigne la France, «homme malade de l'Europe»

La France mal placée pour donner des leçons à la Pologne ? C'est en substance le message transmis par Jacek Czaputowicz lors d'un entretien télévisé. Alors qu'un Polonais est décédé lors de l’attentat de Strasbourg, il a tancé Emmanuel Macron.

«La France est l'homme malade de l'Europe, elle tire l'Europe vers le bas, alors que la Pologne en est un point lumineux», a déclaré sans fards le ministre polonais des Affaires étrangères, Jacek Czaputowicz, le 17 décembre à la chaîne de télévision Polsat News.

Evoquant le mouvement des Gilets jaunes et l'attentat djihadiste de Strasbourg qui a fait cinq morts, dont un Polonais, il a expliqué que les évènements des dernières semaines en France faisait du tort à l'Union européenne. Les relations entre la France et la Pologne manquent de chaleur depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs à Varsovie en 2015, avec, entre autres, l'abandon d'un contrat pour les hélicoptères Caracal, des divergences de vues sur le travail des Polonais – et notamment des transporteurs routiers – à l'étranger, et l'absence de projet de visite d'Emmanuel Macron à Varsovie.

Si en même temps, on donne des leçons à la Pologne, il y a quelque chose qui ne va pas. Il faut d'abord mettre de l'ordre dans son propre pays

«L'attaque terroriste prouve que quelque chose ne va pas en France, les protestations au cours des dernières semaines, le retrait du président Macron de la réforme de l'Etat, c'est triste», a ainsi estimé Jacek Czaputowicz.

La Pologne dans le viseur de l'Union européenne

«Si, en même temps, on donne des leçons à la Pologne, il y a quelque chose qui ne va pas. Il faut commencer par mettre de l'ordre dans son propre pays», a-t-il continué. «Je pense qu'il y a une forte menace pour l'Etat de droit en France, du point de vue du respect du déficit des finances publiques», a en outre confié le ministre polonais, renvoyant à Paris une critique qui vise fréquemment son propre pays.

Le gouvernement conservateur polonais est critiqué pour ses réformes du système judiciaire qui, selon l'Union européenne (UE), portent atteinte à l'indépendance de la Justice et créent un danger pour le respect de l'Etat de droit en Pologne, ce qui pourrait conduire à une suspension des droits de vote de ce pays au sein de l'union. 

Saisie par la Commission européenne, la Cour de justice de l'UE a ainsi sommé en octobre la Pologne de suspendre «immédiatement» sa réforme de la Cour suprême. Fin 2017, la Commission européenne avait également déclenché contre la Pologne la procédure de l'article 7 de l'UE sur le respect de l'Etat de droit.

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