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En Algérie, la venue de Mohammed Ben Salmane suscite de vives critiques

Dans le cadre d'une tournée à l'étranger, le prince héritier saoudien a entamé le 2 décembre une visite officielle de deux jours en Algérie. Comme en Tunisie, sa venue suscite la colère de leaders d'opposition et d'intellectuels.

Selon un communiqué de la présidence algérienne publié par l'agence de presse officielle APS, l'homme fort d'Arabie saoudite effectue le 2 et 3 décembre «une visite officielle en Algérie dans le cadre des relations fraternelles et étroites entre les deux pays».

«La visite doit donner un nouvel élan à la coopération bilatérale et aux projets de partenariat économique et commercial», a souligné la présidence, précisant que le prince héritier serait à la tête d'une importante délégation. Dans les rangs de l’opposition la visite du prince héritier a soulevé une levée de boucliers.

Plusieurs leaders d'opposition et intellectuels montent au créneau 

«Les Algériens ne peuvent souhaiter la bienvenue au prince héritier saoudien», a déclaré à la presse Abderrazak Makri, président du parti islamiste Mouvement de la société pour la paix (MSP). «Il est responsable de la mort d'un nombre important d'enfants et de civils au Yémen, du journaliste Jamal Khashoggi comme il a jeté en prison des citoyens saoudiens qui n'ont commis aucun crime», a-t-il ajouté. Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), a évoqué pour sa part une «grosse provocation».

Dans une déclaration obtenue par l'AFP, 17 intellectuels, journalistes et oulémas ont aussi dénoncé la visite du prince «dont le monde entier sait qu'il a été l'ordonnateur d'un crime abominable contre le journaliste Jamal Khashoggi», ont-ils écrit. En l'accueillant, «l'Algérie officielle ne risque-t-elle pas d'accorder une prime d'encouragement à la politique rétrograde de cette monarchie», ont prévenu les signataires.

Une visite déjà très critiquée en Tunisie 

Avant de se rendre mercredi à Buenos Aires pour le sommet du G20, ce dernier s'était rendu aux Emirats arabes unis, à Bahreïn, en Egypte et en Tunisie. Sa visite à Tunis a été marquée par des manifestations contre son rôle dans la guerre au Yémen et la répression dans son pays. Ryad intervient au Yémen en soutien au gouvernement, contre les rebelles houthis. 

Cette visite se déroule dans le cadre de la première tournée de Mohammed ben Salmane à l'étranger depuis le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, critique de Ryad qui s'était exilé aux Etats-Unis. Cet assassinat, perpétré le 2 octobre dans le consulat saoudien d'Istanbul, a ébranlé la position du prince à l'international. Il est accusé par des responsables turcs comme américains de l'avoir commandité.

Les autorités saoudiennes ont reconnu que Khashoggi avait été tué et démembré dans le consulat mais démentent toute implication du prince dans cet assassinat.

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