Frustration chez les «hard brexiters» : début de crise politique au Royaume-Uni

Frustration chez les «hard brexiters» : début de crise politique au Royaume-Uni© Eric Vidal Source: Reuters
Le ministre du Brexit Dominic Raab, ici en août 2018, a démissionné du gouvernement de Theresa May.

Cinq membres du gouvernement de Theresa May ont démissionné ce 15 novembre, signe de profonds désaccords sur les conditions de sortie du Royaume-Uni de l'UE. La fronde va-t-elle compromettre les efforts laborieux du Premier ministre ?

Le compromis élaboré à grand peine le 14 novembre a-t-il été obtenu au prix de la démission de pas moins de cinq membres du gouvernement de Theresa May ? 

Le secrétaire d'Etat à l'Irlande du Nord Shailesh Vara, le ministre du Brexit Dominic Raab, suivie par la ministre du Travail et des retraites Esther McVey, puis la secrétaire d'Etat du Brexit Suella Braverman et la secrétaire parlementaire pour le département de l'éducation Anne-Marie Trevelyan : tous démissionné ce 15 novembre avec fracas. 

«Je ne peux soutenir l'accord proposé pour deux raisons», a argumenté Dominic Raab dans cette sa lettre de démission, publiée sur Twitter, fustigeant notamment le futur statut de l'Irlande du Nord après le Brexit.

Le compromis prévoit un «filet de sécurité» («backstop» en anglais), solution de dernier recours prévoyant le maintien de l'ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE ainsi qu'un alignement réglementaire plus poussé pour l'Irlande du Nord, si aucun accord sur la future relation entre Bruxelles et Londres n'était conclu à l'issue d'une période de transition de 21 mois prévue après le Brexit, le 29 mars 2019, et prolongeable une fois. «Le régime réglementaire proposé pour l'Irlande du Nord présente une menace très réelle pour l'intégrité du Royaume-Uni», a expliqué Dominic Raab, qui s'oppose également à un backstop de durée indéfinie.

A l'issue d'âpres négociations entre Londres et Bruxelles, le compromis voit se liguer contre lui à la fois partisans et opposants du Brexit qui craignent que le Royaume-Uni reste soumis aux règles de l'UE pendant des années sans avoir son mot à dire.

A titre d'exemple, pour toute question relative au droit de l'Union européenne, Londres devra, selon le projet de compromis, se soumettre à la compétence de la Cour de justice de l'Union européenne.

Le projet d'accord sur le Brexit compromis ?

L'ancien ministre des Affaires étrangère Boris Johnson, qui avait lui aussi démissionné avec fracas en juillet dernier, a vivement critiqué le projet d'accord. «Avec cet accord, nous allons rester dans l'union douanière, nous allons rester, de fait, dans le marché unique», a rétorqué un de ses principaux opposants au sein des Tories, Boris Johnson, sur la BBC. L'ancien chef de la diplomatie, pro-Brexit, a en outre estimé que cela ferait de leur pays un «Etat vassal» de l'Union européenne. Jacob Rees-Mogg, leader d'un influent groupe de plusieurs dizaines de députés partisan d'un Brexit dur, a lui appelé ses collègues à rejeter l'accord.

Nigel Farage, ancien chef du parti anti-Union européenne UKIP, principal artisan du Brexit, a lui salué la défection de Dominic Raab. «Bravo Dominic Raab, encore quelques autres [démissions] et nous serons débarrassés de cet hypocrite Premier ministre», a-t-il twitté.

Leader des députés Tories partisan d'un Brexit dur (sans accord avec l'UE), Jacob Rees-Mogg a décidé ce même jour de déposer une motion de censure contre le gouvernement de Theresa May.

Lire aussi : Accord sur le Brexit : face à une fronde interne, le plus dur reste à faire pour Theresa May

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