Le père du bébé palestinien brûlé vif succombe à ses blessures

Ali Dawabchech, 18 mois, est mort brûlé vif par des extrémistes israéliens, le 31 juillet 2015.© Abed Omar Qusini Source: Reuters
Ali Dawabchech, 18 mois, est mort brûlé vif par des extrémistes israéliens, le 31 juillet 2015.

Le 31 juillet, un enfant de 18 mois mourrait dans un incendie provoqué par des extrémistes israéliens. Également touché par les flammes, son père a perdu la vie, samedi 8 août.

Il s'appelait Saad Dawabcheh. Sa maison, dans le village de Douma, en Cisjordanie occupée, avait été la cible d'hommes maqués, qui y avaient mis le feu à l'aide de cocktails Molotov. Un incendie qui avait tué son fils, Ali, 18 mois, brûlé au troisième degré sa femme, Riham, 26 ans, et sévèrement blessé son aîné, Ahmed, quatre ans. Alors que ce dernier entame une lente convalescence, la jeune femme est toujours hospitalisée dans un état critique.

Sur les murs en ruine de leur maison, les mots «vengeance» et «prix à payer», les leitmotivs des activistes de l'extrême droite israélienne, avait été inscrits. Après la mort d'Ali, qui avait ému le monde entier, le décès du père risque de raviver les tensions dans les territoires palestiniens, où règne une paix plus que fragile. Les funérailles de l'homme de 32 ans, brûlé au deuxième degré sur tout le corps, doivent avoir lieu samedi 8 août.

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Réactions sévères en Israël

Longtemps laissés impunis, les militants du «prix à payer» sont désormais dans le viseur des autorités israéliennes. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu, pourtant un des plus à droite de l'histoire du pays, a décidé de juger des «terroristes», selon les mots du Premier ministre en personne. Pour la première fois depuis des années, un extrémiste juif a été placé en détention administrative. Un statut qui permet d'incarcérer sans procès, et pour une durée renouvelable indéfiniment, un prévenu, et qui était jusqu'ici réservé aux palestiniens.

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Il s'agit de l'activiste Meïr Ettinger, un jeune juif soupçonné d'être l'un des inspirateurs des récents actes de violences commis par des militants d’extrême droite israéliens. En plus de l'attaque de Douma, une adolescente israélienne avait été assassinée, la veille, lors de la Gay Pride de Jérusalem, par un extrémiste qui avait blessé cinq autres personnes à coups de couteau. Deux autres jeunes ont été arrêté dans le cadre de l'enquête sur l'attaque de Douma, même si aucun n'est pour le moment mis en cause pour la mort du nourrisson.

Malgré ces réactions inédites de la part des autorités israéliennes, l'annonce de l'implantation de nouvelles colonies a été faite par le Premier ministre. Une situation qui ne contribue pas à apaiser la colères des Palestiniens.

Réactions indignées en Palestine

Habitués à l'inaction de Jérusalem face aux actes de violences des extrémistes juifs, les Palestiniens veulent porter l'affaire devant la Cour Pénale Internationale (CPI), qui siège à La Haye. Le Président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas avait annoncé saisir la justice internationale lors de l'annonce de la mort d'Ali. Le corps du père doit être autopsié, d'après un responsable palestinien, afin de fournir des preuves à la CPI.

Malgré la mise en marche de procédures judiciaires côtés israélien, des violences et des affrontements ont eu lieu entre Palestiniens, colons et soldat israéliens, à travers le territoire de Cisjordanie. Le décès du père intervient par ailleurs au lendemain de la journée hebdomadaire de manifestation, souvent cause de heurts dans les territoires palestiniens.

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Pour le porte-parole du Hamas en exil, Hossan Badran, «la résistance en Cisjordanie est devenue un droit et un devoir». Sur sa page Facebook, le militant affirme que «notre peuple n'a plus qu'un choix : celui de l'affrontement ouvert et global contre l'occupant sans attendre […] de feu vert de quiconque». Un appel au soulèvement contre Israël, mais aussi contre l'Autorité Palestinienne que le mouvement islamiste Hamas, qui est au pouvoir à Gaza, accuse de se compromettre avec Israël.

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