Donald Trump, héritier d'une tradition de politiciens loufoques aux Etats-Unis

Depuis le début de sa campagne, Donald Trump marque les esprits par son anti-conformisme. Source: Reuters
Depuis le début de sa campagne, Donald Trump marque les esprits par son anti-conformisme.

Si Donald Trump semble être, vu de France, un candidat très peu crédible à la présidence des Etats-Unis, le pays a une forte tradition de ces candidats venus d'un autre univers et parfois un brin loufoques.

Donald Trump a encore fait parler de lui. Fantasque, le milliardaire américain, en tête des sondages pour l’investiture républicaine à la Maison Blanche, a marqué le premier débat de sa gouaille, multipliant les provocations, s'attirant les huées et même les rires du public.

Très populaire malgré ses bourdes à répétition, le magnat de l'immobilier est très critiqué par ses rivaux, mais continue d'engranger de bons résultats dans les sondages à l'investiture du parti républicain. Si ce n'est pas son attaque sur la carrière militaire de John Mc Cain, ou sa divulgation du numéro de téléphone de son rival Lindsey Graham qui le font reculer dans les sondages, c'est que Donald Trump s'inscrit dans une longue tradition américaine d'hommes politiques loufoques et aux parcours très éloignés de ceux que l'on peut connaître en Europe.

Le plus célèbre d'entre eux, car il a même atteint la maison Blanche, est sans aucun doute Ronald Reagan. Acteur dans de nombreux films durant les années 50, il fait partie de ces hommes politiques venus d'un autre univers et que seuls les Américains semblent capables de porter au pouvoir. Quitte à en subir ensuite les conséquences, lorsqu'en août 1984, pour plaisanter, Ronald Reagan lance, sans savoir qu'il est en direct à la radio, «Mes chers compatriotes. Je suis heureux de vous annoncer que je viens de signer un décret proclamant la Russie hors la loi, pour toujours. Le bombardement commencera dans cinq minutes.» Ce qui n'empêche pas Reagan d'être considéré par 35% des Américains comme le meilleur président de leur histoire.

Autre personnalité dont le parcours se rapproche de celui de Ronald Reagan : Arnold Schwarzenegger. Peu connu pour ses engagements politiques, Terminator devient Reformator quand il est élu gouverneur de Californie en 2003, puis réélu en 2006. Il sera même, durant un temps, considéré comme un candidat crédible à la présidence.

Toujours du côté du cinéma, mais moins connu, l’acteur Fred Thompson (New York Police Judiciaire) a tenté d'obtenir l'investiture républicaine à l’élection présidentielle de 2008. Cette fois-ci, les électeurs américains n'ont pas voté pour lui.

Autre homme politique typiquement américain : George W. Bush. Si son parcours est plus classique, le fils du prédécesseur de Bill Clinton a marqué de ses «perles» son mandat. Au point que le terme de Bushisms apparaîtra aux États-Unis pour qualifier les bourdes du président américain... Ce qui n'empêchera pas ce dernier d'être réélu, tout en expliquant que son philosophe préféré était... Jésus. Très américain.

Preuve que quand il s'agit de voter, les Américains ne pensent pas tout à fait comme les Européens, Jimmy Carter, lui, avait affirmé avoir à plusieurs reprises vu des OVNI. Une déclaration qui lui aurait fait perdre toute crédibilité politique en Europe, mais qui ne l'avait pas empêché de devenir président des États-Unis.

Sarah Pallin, capable de poser en maillot de bain et fusil à la main, fut aussi une candidate mémorable comme seuls les Américains savent en produire. Ancienne miss Alaska, la gouverneur de l'Alaska, colistière de John Mc Cain, lancera, en pleine campagne, cette phrase mythique : «Les dinosaures et les hommes ont vécu en même temps sur Terre, il y a six mille ans».

Il y a quelques jours enfin, nouvelle loufoquerie typiquement américaine : celle de Ted Cruz, un rival de Donal Trump à l'investiture républicaine. Ce dernier a, il y a quelques jours, montré à ses partisans comment... faire cuire du bacon sur son fusil d'assaut. Un argument politique imparable...

Autant dire que pour avoir une chance d'être élu, Donald Trump a choisi le bon côté de l'océan Atlantique. Car en France par exemple, les candidatures loufoques, à l'image de celle de Coluche en 1981, n'ont pratiquement jamais bouleversé le jeu politique.

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