Migrants : 1700 tentatives d'intrusion, Guaino critique Londres

Le Député des Yvelines Henri Guaino prend la défense de Xavier Bertrand sur la question des migrants.© Twitter
Le Député des Yvelines Henri Guaino prend la défense de Xavier Bertrand sur la question des migrants.

La crise des migrants, à Calais, a été marquée par de nouveaux rebondissements, lundi 3 août. Des tentatives d'intrusion, un CRS blessés, mais surtout, des réactions politiques.

«Il faut que les Anglais prennent leur part du fardeau». C'est le député Les Républicains Henri Guaino qui a affirmé cela, lundi 3 août, au micro de France Info. «Il n'y a aucune raison que ces gens qui veulent aller en Angleterre soient stockés […] en France. Ça ne peut pas continuer comme ça», a-t-il ajouté. L'homme politique faisait écho à des propos similaires tenus par l'ancien ministre Xavier Bertrand, qui menaçait de «laisser partir les migrants», estimant que «les Anglais doivent prendre leur part».

Si Guaino a tenu à prendre la défense de Bertrand, il tempère néanmoins les propos de ce dernier : «c'est sans doute une façon de faire pression sur l'Angleterre […] mais je ne crois pas qu'on puise régler nos problèmes à l'avenir de cette façon», a-t-il souligné. «C'est n'est pas conformes aux relations civilisées qu'on peut espérer entretenir entre les peuples».

France et Royaume-Uni : à qui la faute ?

Depuis plusieurs semaines, les réactions politiques se sont multipliées des deux côtés de la Manche, au même rythme que s'additionnait, à Calais, le nombre de tentatives d'intrusion sur le site de l'Eurotunnel enregistrées. Dimanche 2 août, les ministres de l'Intérieur français et britannique, Bernard Cazeneuve et Theresa May, ont affirmé leur volonté de «mettre fin ensemble» à la crise des migrants, dans une déclaration commune publié par le Journal Du Dimanche (JDD).

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Des propos qui font suite à des échanges verbaux observés dans les Parlements de Londres et de Paris. À Westminster, on accuse les Français de ne pas être en mesure de faire face à la crise. L'idée de faire intervenir l'armée britannique sur le sol français pour empêcher les migrants de traverser la Manche a même été évoquée, en séance parlementaire, par des députés de plusieurs camps (les Tories de droite, les Labours de gauche et les indépendantistes de UKIP). Au Palais Bourbon, on blâme Londres et la flexibilité de ses lois sur la circulation des clandestins et l'asile des immigrants. Pour Paris, le Royaume-Uni est une cible privilégiée, un eldoradao des migrants, ce qui explique leur présence à Calais.

Conscient de l'attraction des îles britanniques pour les migrants, l'exécutif anglais a d'ailleurs mis en place de nouvelles mesures pour faire face à la crise. La déportation plus systématique des migrants qui parviennent jusqu'à Douvres, par exemple. Mais aussi le risque, pour tout citoyen britannique qui héberge des migrants, d'encourir une peine allant jusqu'à cinq ans de prison. Ce qui était autrefois un délit : recueillir ou loger des migrants, est désormais un crime.

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Côté migrants : un recommencement perpétuel

À Calais, le site d'Eurotunnel est pris d'assaut de manière «quasi quotidienne» désormais, d'après un porte-parole de la société. L'entreprise affirme avoir déjà stoppé 37 000 migrants sur son site, depuis début 2015. La sécurité a de nouveau été renforcée, jeudi 30 juillet, par l'arrivée de deux nouvelles unités de forces de police, soit 150 agents supplémentaires. Une décision du ministre de l'Intérieur Bernard Cazneuve. De nouvelles barrières et également été tendues autour du site d'Eurotunnel, que les migrants tentent d'occuper pour trouver un véhicule les transportant en Angleterre.

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Malgré ces nouvelles mesures, ils étaient de nouveau 1 700 à tenter leur chance, dans la nuit du dimanche 2 au lundi 3 août. Des confrontations ont eu lieu avec les forces de l'ordre déployées sur place et un CRS a été blessé «au visage et à la tête», par un jet de ballast, d'après des sources policières. Sur ces 1 700 tentatives, 1 000 migrants ont été «repoussés» et ne sont pas parvenus à pénétrer sur le site. Les 700 autres ont été «interceptés» directement à l'intérieur du site. Des chiffres qui rappellent ceux qui sont quotidiennement communiqués par la société Eurotunnel, qui fait face journellement à ces situations. Des tentatives qui tournent parfois au drame. Les migrants risquent leur vie pour monter dans un train ou dans un véhicule pour parvenir à Londres. Ils sont déjà neuf à avoir perdu la vie, depuis le 1er juin. Électrocution, écrasement par un véhicule, percution par un train... Les dangers sont nombreux pour les migrants, désespérés de traverser la Manche.

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Ces migrants sont principalement originaires de zones dangereuses où guerres et conflits armés constituent la principale raison de fuite. À Calais, ils sont Erythréens, Soudanais, Afghans, Syriens ou Libyens. Un constat qui pour Henri Guaino à estimer que l'Europe devrait «s'attaquer à la source du problème», qui réside dans l'instabilité en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. «Est-ce qu'on est prêt à contribuer à mettre de l'ordre au Moyen-Orient ?» s'est interrogé le député des Yvelines (78). «Est-ce qu'on est prêt à faire la guerre aux sauvages qui aujourd'hui sont entrain de dévaster le Moyen-Orient ?» a-t-il conclu.

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