Quand les Chinois doublent le monde entier sur le projet de réacteur international

Les réacteurs nucléaires de demain pourraient être réalisés en premier par les Chinois. Source: Reuters
Les réacteurs nucléaires de demain pourraient être réalisés en premier par les Chinois.

Alors que de nombreux pays travaillent depuis 2007 sur un projet de réacteur nucléaire international, la Chine, qui participe pourtant au projet, développe son propre réacteur dans son coin. Et pourrait supplanter tout le monde.

Depuis plusieurs années, en France, au commissariat à l'énergie atomique de Caradache précisément, des centaines de chercheurs d'Union européenne, des Etats-Unis, de Chine, d'Inde, de Russie... travaillent sur le projet Iter, le réacteur thermonucléaire expérimental international.

L'objectif : démontrer la fiabilité d'un réacteur nucléaire utilisant le principe de la fusion. Mais la Chine pourrait bien damer le pion à tout le monde et travaille dans son coin depuis de nombreuses années. Aujourd'hui, son projet serait pratiquement aussi avancé que le projet débuté en France en 2007.

Car ce projet est vu par beaucoup de physiciens comme le Saint Graal pour produire de l'énergie sans carbone et à un prix relativement dérisoire. En France, le projet qui a déjà coûté 16 milliards d'euros (au lieu des 5 prévus) et qui aurait dû se terminer entre 2016 et 2019, a déjà pris du retard. Et il pourrait durer jusqu'en 2030.

Or, à cette date, la Chine, pourtant partenaire du projet, pourrait avoir pris de l'avance pour tout le monde, estime Steven Cowley, le directeur du Centre de Culham pour l'énergie par fusion. «L'Iter parle de 2020, mais je pense qu'on pourra générer le premier plasma vers 2025, et le brûler (la fusion, ndlr) vers 2030.» L'expert considère donc qu'à cette date et alors que «le plus gros investissement est maintenant en Chine», avec un projet encore plus gros que l'Iter aura vu le jour en Chine. 

Les avancées chinoises ont en tout cas créé des remous entre les partenaires du projet Iter. La France, l'Union européenne, la Chine ou la Russie ont ainsi envisagé d'exclure la Chine du programme. «Nous avons décidé de continuer à collaborer», explique Steven Cowley. «Cela ne ferait que les ralentir de quelques mois...»

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