Rotterdam : les jeunes «trop bien habillés» pourront se voir confisquer leurs affaires par la police

Rotterdam : les jeunes «trop bien habillés» pourront se voir confisquer leurs affaires par la police© Remko de Waal Source: Reuters
La police en plein travail dans la ville néerlandaise d'Harleem en septembre 2013 (image d'illustration)

A titre expérimental, les forces de l'ordre de la ville néerlandaises de Rotterdam auront la possibilité de confisquer les vêtements de luxe des jeunes qui ne leur semblent pas assez fortunés pour se les acheter.

Selon les informations du journal néerlandais De Telegraaf, publiées début janvier, la police de Rotterdam va lancer une nouvelle expérimentation sous la supervision de la justice : les agents de police pourront saisir, dans l'espace public, les objets et vêtements de luxe portés par les jeunes qui semblent ne pas avoir les moyens de se les procurer légalement.

Nous allons les déshabiller dans la rue.

«Il s'agit de jeunes hommes qui se croient intouchables», a déclaré au journal le chef de la police de la ville, Frank Paauw. Et d'ajouter, sans ambages : «Nous allons les déshabiller dans la rue.»

Un porte-parole de la police de Rotterdam a également livré les grandes lignes de cette opération : «Nous savons [que des jeunes] portent des vêtements trop luxueux par rapport à l'argent qu'ils gagnent. Alors nous allons mener l'enquête : comment ont-ils eu ces vêtements ? Où les ont-ils achetés ? D'où vient l'argent qui a servi à les acheter ?»

Les gangs dans le viseur de la police

Belles parkas d'hiver et montres de luxe pourront ainsi être légalement saisies le temps d'une enquête, si les policiers ne sont pas satisfaits des réponses apportées par ceux qui les portent. Ces opérations visent tout particulièrement les membres de gangs de jeunes.

Ils se baladent avec des manteaux à 1 800 euros sur le dos et n'ont pas de revenus, comment ils paient ça ?

Selon l'article du Telegraaf, les forces de l'ordre recevront une formation spéciale pour identifier les articles les plus coûteux portés par ces suspects. «[Les vêtements constituent] un vrai marqueur de statut social pour les jeunes. On en voit qui se baladent avec des manteaux à 1 800 euros sur le dos. Ils n'ont pas de revenus, alors comment ils se paient ça ?», s'interroge Frank Paauw.

En 2016, avant l'expérimentation de cette nouvelle mesure donc, la police de Rotterdam avait saisi l'équivalent de 11,5 millions d'euros en liquidités et en biens confisqués à des suspects, d'après le journal néerlandais.

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