Etats-Unis, tensions raciales autour de la mort suspecte d'une jeune femme noire en prison

Devant la Cour de justice du Comté de Waller (capture)
Devant la Cour de justice du Comté de Waller (capture)

Comment est réellement décédée Sandra Bland, une jeune Afro-Américaine retrouvée étouffée dans une prison du Texas? Dans un contexte de tensions raciales accrues, cette mort encore non élucidée ranime le soupçon toujours vif de la bavure policière.

Sandra Bland, 28 ans, a été retrouvée étouffée dans sa cellule le 13 juillet dernier, dans la prison du Comté de Waller au Texas. Trois jours auparavant, elle avait été arrêtée lors d'un banal contrôle routier alors qu'elle se rendait pour son premier jour de travail à l'Université de Houston.

Une vidéo amateur d'un passant montre l'arrestation pour le moins musclée de la jeune femme qui avait simplement omis de mettre son clignotant pour changer de file. La jeune femme est littéralement plaquée au sol et menottée. S'adressant au vidéaste amateur, elle le remercie de filmer son arrestation et s'insurge d'avoir été plaquée au sol «pour un clignotant».

Pourtant, cette simple infraction au code de la route semble avoir vite dégénéré. Dans leur rapport, les policiers qui l'ont arrêtée ont écrit qu'elle s'est montrée «non coopérative» : elle aurait en effet refusé d'éteindre sa cigarette comme le lui enjoignait l'un des policiers, ce qui aurait mené à son arrestation au lieu de l'amende prévue dans ce type d'infraction routière.

Le 13 juillet au matin, Sandra Bland est retrouvée morte des suites d'une asphyxie à l'aide d'un sac plastique. Le procureur du district, s'il a ordonné une enquête, a précisé qu'il était «trop tôt pour déterminer s'il s'agissait d'un suicide ou d'un meurtre».

La thèse du suicide dénoncée

Pourtant, cette hypothèse du suicide a très vite été contestée par sa famille et ses proches. Des militants anti-racistes se sont joints à eux pour réclamer une autopsie indépendante et une enquête neutre.

Sur Twitter, le haschtag #IfIDieInPoliceCustody, traduisible par «Si je meurs en garde à vue» s'est multiplié.

Pour certain, «Si je meurs en garde à vue, il y a de grande chance que je ne violais même pas la loi ou que je ne résistais pas, j'étais simplement noire».

Pour d'autre «si je meurs en garde à vue, des dépressions passées ou actuelles n'ont rien à voir avec ce qui m'a tuée».

Enfin «Si je meurs en garde à vue, vous savez ce qui m'a tuée. J'aurais fait tout ce qui est en mon pouvoir pour rejoindre ma famille. Alors ne cessez jamais de poser des questions».

«Black lives matter», la question raciale en filigrane

Le décès de Sandra Bland intervient alors que de nombreuses bavures policières, très médiatisées, ont touché récemment des Afro-américains.  En avril dernier, c'est la mort de Freddie Gray, 25 ans, décédé des suites des blessures pendant son arrestation qui avait déclenché des émeutes à Baltimore.

Depuis la mort de Michael Brown à Furguson en août 2014, on estime que plus d'une dizaine de Noirs américains ont été tués par la police. 

Sandra Brand avait elle-même posté un message sur sa page Facebook commentant la vidéo d'une arrestation policière brutale: «On ne peut pas s'empêcher d'être furieux quand on voit une situation où, clairement, la vie des Noirs ne compte pas».

Dans une vidéo postée pour la campagne «Black lives matter», la victime s'était adressée aux Blancs américains : « J'ai besoin que vous compreniez qu'être une personne noire aux Etats-Unis est très, très difficile». Comme une parole prophétique...


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